mardi 8 janvier 2008

Conférence de presse du Président de la République

Après les voeux du Président de la République qui se sont inscrits dans un global respect des traditions, Nicolas Sarkozy donnait ce matin une conférence de presse. Ce fut notamment l'occasion de s'expliquer sur le terme de "politique de civilisation" et sur son mariage éventuel avec le mannequin Carla Bruni.

La politique de civilisation a l'air de se transformer en politique humaniste loin des considérations techniques que la politique encarait jusqu'à présent. "La politique de civilisation c'est la politique de la vie, la politique de l'homme [...] comment aider le monde nouveau à naître, [...] aider l'homme à reprendre le dessus." Cela laisse échapper un président qui une fois encore parle de manière grandiose. Il inscrit cette politique de civilisation dans la continuité de la rennaissance, ds lumières et des trentes glorieuses ou de la création de la sécu. Il parle d'un nouveau projet de civilisation ancré sur le long terme et le justifie par ce qui avait déjà été souligné par le sociologue Louis Chauvel et qui est le fait que les jeunes d'aujourd'hui ont l'impression qu'ils vont moins bien vivre que leur parents. Il parle pour poser sa politique, des problèmes qui sont posés à notre société, notre civilisation à savoir la modernité, la révolution informatique, le problème des banlieues, la bioéthique... Bref il cite tout ce qui justifie une réforme et liste cela de manière exhaustive de façon à bien montrer qu'il faut tout changer. L'éducation, la santé, la sécurité, la culture, la dipomatie... Tout va changer et ce dès 2008. Ce qui s'annonce est un bouleversement culturel dans la manière de concevoir la politique qui va "aller directement aux causes des problèmes et non plus s'occuper simplement de la gestion des conscéquences des problèmes." On se croirait en campagne électorale : le candidat Sarkozy énonce ses projets pour 2008. Tout va être mis en oeuvre et personne ne sera déçut. Tout ira plus vite, plus loin, plus fort... Vive le new deal.

En fait, la politique de civilisation c'est simplement tout changer même ce qui n'avait pas été envisagé depuis longtemps. Architecture et urbanisme devront remettre l'homme au coeur de la ville et au centre des préoccupations. Le renouveau européen verra la construction d'une organisation politique permettant la mise en oeuvre d'une préférence communautaire. Une nouvelle vision du monde sera concrétisée dans la défense du passage du G8 au G13 et de la meilleur représentation du (tiers)monde dans les intitutions mondiales comme par exemple dans le conseil de sécurité. L'audiovisuel publique devra être réformé, notament en faisant place belle à la culture française, en fusionnant les moyens des outils d'informations international, qu'ils soient financiers ou éditoriaux. Aussi l'union méditerranéenne parait s'inscrire dans un projet de civilisation. Bref c'est un emballage, un four-tout, une carte postale. Mais cette carte postale est belle. Elle me fait rêver et je veux y croire. Si tout peut changer, alors il faut y croire et espérer encore que ça peut aller mieux. Et si une seconde renaissance était en marche ? Il faudra rester vigilant sans pour autant être sceptique.

En ce qui concerne sa relation avec l'ancien top modèle Carla Bruni, monsieur Sarkozy a simplement répondu "On a choisit de ne pas se cacher" tout en ajoutant sur son mariage éventuel que "ça ne sera pas le JDD qui fixera la date." Pour finir, il a répété qu'il n'envisageait pas pour le moment de remanier son équipe ministérielle. Ouf...

Bientôt plus de précisions...

lundi 7 janvier 2008

Dans la série le président a dit...

« La France est de retour en Europe » a-t-il dit le soir de sa victoire.



Un soir de mai, un homme paraissait annoncer providentiellement la fermeture de la parenthèse ouverte le 29 mai 2005. Son action seule allait refermer la plaie béante ouverte lors du « non » français au traité établissant une constitution pour l'Europe. Monsieur Sarkozy parti donc rapidement pour un tour de l'Europe ayant pour but de faire accepter l'idée initiée par lui d'un mini-traité. Sorte de version tronquée de l'originale, ce texte n'était pas, à mon goût, la solution idéale. Mais comme la commission Atali, il a le mérite d'exister, au contraire des plans B annoncés par les nonistes (ils se sont tous recyclés en arracheurs de dents, sauf quelques uns qui, à l'image de notre néo-centriste Jean-Christophe Lagarde, ont finit députés).


Il alla embrasser (très, trop ?) affectueusement Angela Markel (elle en a tellement eut la première fois qu'elle lui a cordialement demandé de manifester moins expressément sa sympathie lors de leurs prochaines entrevues), il passa par la Pologne où les jumeaux Kaczynski encore vexés par la remarque de Jacques Chirac au sujet de leur prise de position quant à la guerre en Irak (« Ils ont encore perdu une occasion de se taire ! ») eurent bien du mal à entendre la requette du Président Français qui dut hausser amicalement le ton. Bref, malgré bien des difficultés, Nicolas Sarkozy se permis un retour triomphal en France où l'attendaient des médias conquis. On pu alors lire dans les journaux français que notre Président de la République avait sauvé l'Europe et que par la force de sa seule conviction, il avait reconstruit sur les ruines de l'ancienne Europe en crise une Europe nouvelle et ambitieuse. Tout cela dilué dans de la retenue journalistique bien-sûr. Mais si Nicolas Sarkozy a accomplit là quelque chose de tout à fait remarquable, il ne faut pas négliger le travail de toute une équipe ni surtout le travail des dirigeants européens, qu'ils soient nationaux (l'accord de chacun était indispensable) ou qu'ils soient supranationaux (parce que des personnes de l'union européenne travaillent chaque jour à sa construction et à son fonctionnement, si si !). D'ailleurs, cette version tronquée est inspirée... de l'ancienne, alors remercions les auteurs de la version initiales dont Valéry Giscard d'Estaing.


De la même manière, on peut citer l'exemple de l'affaire des infirmières bulgares. Ce fut presque un feuilleton télévisé où Nicolas Sarkozy tenait une place de choix voire même la place du héro. Tout les français regardaient et se disaient : « Pourvu qu'il y arrive, faite donc qu'il parvienne à faire libérer ces pauvres infirmières bulgares. » On a même eut le droit à l'arrivée (controversée d'ailleurs) de la femme du héros qui toute drapée de ses belles robes a permi la conclusion heureuse de cet évènement. Cécilia en Diana ? Qui l'eut crût ? Et bien pas moi ! Encore une fois on eut pu croire que tout ce qui avait été réussit ne l'avait été que par la grâce présidentielle française. Mais il ne faut pas se précipiter et bien voir le travail des émissaires européens qui préparaient cette libération depuis des années. De même, la France n'a pas été le seul acteur de cette réussite et l'Allemagne par exemple, y est pour beaucoup.


Je continu donc a dire que la politique gouvernementale a un côté « politique carte postale. » auquel il ne faut pas s'arrêter. Allons plus loin que les courts textes et les images que le Pouvoir élyséen distille et sachons voir autrement que ce que l'on nous montre. La vérité n'est pas forcément inverse mais elle est différente. Nicolas Sarkozy n'a pas sauvé le pouvoir d'achat, mais il continu à réfléchir à comment contrer cette tendance déjà ancienne de sa baisse. Il n'a pas non-plus sauvé seul l'Europe de la crise mais il a été pour beaucoup dans l'initiative de la mise en œuvre du mini-traité. Enfin, ce n'est pas seul qu'il a libéré les infirmières comme ce n'est pas par sa seule action qu'Ingrid Bétancour sera libérée des Farcques (en passant, elle n'a pas passé noël chez elle). Il est donc de notre devoir à nous, blogueurs citoyens, de rester vigilant et de participer à la rédaction et à la publication d'une information véritable et libre. Voilà une première vérité : Nicolas Sarkozy agit certe, mais il n'agit pas seul ; le France bouge et fait bouger les choses dans le monde, mais elle n'est pas seule dans ses combats.

Logez-moi, logez-moi, logez-mouwaaahaaa !


On savait que le système de monarchie présidentielle mis en place par la Vè République permettait à certains de profiter de certains privilèges. On avait connaissance des logements sociaux sous-loués ou attribués à des non ayant-droits. On se souvient des 600 mètres carrés qu'Hervé Gaymard occupait aux frais de l'État (qui le louait 14 4OO€ mensuels), on a entendu parler de l'appartement à loyer modéré de 190 mètres carrés qu'occupait Jean-Paul Bolufer (ex-chef de cabinet de Christine Boutin) depuis 1981, on savait que Jean-Pierre Chevènement disposait de deux logement à loyer modéré alors même qu'il est assujetti à l'ISF, mais nous a-t-on pour autant tout dit ? Bien sûr que non et voici une nouvelle quelque peu dérangeante. Elle concerne le fils de Bernard Tapie, Stéphane.

En effet, l'Elysée est intervenu à la demande de Bernard Tapie, pour régler les problèmes de loyers impayés de son fils Stéphane, afin que ce dernier ne soit pas expulsé et voit sa dette révisée, apprend-on dans Le Canard enchaîné de mercredi 14 novembre. Selon l'hebdomadaire, Stéphane Tapie, qui vit à Neuilly dans un appartement de 220 m² appartenant à la Caisse des dépôts, avait accumulé 88.853 euros d'impayés, soit près de deux ans de loyers, rien que ça... Après plusieurs décision de justice, "le préfet des Hauts-de-Seine signe, dans les premiers jours d'octobre, un arrêt d'expulsion." Mais celle-ci n'aura pas lieu puisque papa super-voleur (alias Bernard Tapie) fit chauffer le carnet d'adresses. Jouant de ses relation, le bon Nanard obtenu que Claude Guéant, secrétaire générale de la présidence, rien de moins, assouplisse la situation. Quelques jours après cette intervention, la dette est amputée de 15.000 euros et est échelonnée sur six mois. Comme quoi vous voyer, on a pas abolit les privilèges, on les a rendu républicains !

dimanche 6 janvier 2008

Parce qu'il y en a qui ont de l'humour !

Je l'ai trouvé sue Dailymotion et je la publie sur mon blog parce que je pense qu'elle prouve qu'en matière de politique, il y en a qui ont de l'humour (ou tellement de culot que ça en est drôle) ! Regardez...

Dans la série le Président à dit

« Je veux être le Président du pouvoir d'achat » disait-il lors de ses meeting...

Il avait l'air sérieux et on y croyait -en fait 30% de la population y on vraiment cru, 53 ont finit par y croire-. On pensait vraiment que SuperSarko allait nous sortir de la crise et remplir nos porte-monnaies. On savait que cela se ferait au prix d'un effort au travail, il nous avait prévenu. « Travailler plus pour gagner plus » répetait-il ainsi, c'était devenu son hymne de campagne. Mais à l'image de la « fracture sociale » de Jacques Chirac en 1995, on ne sait pas quand le Président Nicolaï Pal Sarkozy de Sergy Bosca commencera à agir pour tenir cet engagement. Pour ce qui est de monsieur Chirac, bien qu'ayant agit dans bien des domaines et notamment de manière salutaire sur la politique étrangère et l'agriculture, on attend toujours des actions significatives pour contrer éfficacement ce fossé social qui se creuse (oui je sais je suis naïf d'attendre encore mais qui sait, en 2012 ;') ).


Alors les partisans aveugles du pouvoir en place me dirons : « attends, sois patient, laisse lui le emps d'agir, il faut que les réformes puissent faire effet. » Je vais donc jouer à l'opticien et tenter de leur occtroyer des lunettes voire même des jumelles pour être bien sur de leur faire prendre conscience des erreures qui sont faites.


« La France qui se lève tôt » a pu admirer cette fameuse hausse du salaire présidentiel (que je soutiens) mais attendent toujours la mise en oeuvre de la hausse du leur. Car la situation est mauvaise : en 2006, les prix ont augmentés en moyenne de 1,6% alors que dans le même temps les salaires ont stagnés (les salaires dit réels c'est-à-dire déflatés, n'ont en effet augmenté sur cette période que de 0,8%). Le pouvoir d'achat n'a donc pas augmenté sur l'année 2006 (il est nécéssaire d'atendre début 2008 pour avoir accès aux chiffres de 2007). Et si la population s'accomode mal de cette stagnation du niveau de vie, c'est qu'alors que son pouvoir d'achat n'augmente presque qu'illusoirement, elle tend à s'habituer à de nouvelles dépenses. Des dépenses liées à la téléphonie mobile, à l'internet, se sont peu à peu imposées comme des dépenses incontournables sans que l'on s'en rende forcément compte. Ce que l'on gagne est sitôt engloutit par des dépenses que l'on peut qualifiée d'imposées par la société et son évolution. Il faut donc faire quelque chose. Mais les premières mesures annoncées ne me rassurent pas. Car comme je l'avais annoncé dans une note précédente, le gouvernement s'apprête à appliquer une hausse de 1,1% des pensions de retraites alors même qu'il planche sur une inflation à 1,6% (voire 2% selon les spécialistes). On peut donc dire qu'il prévoit consciamment une baisse du pouvoir d'achat des personnes à la retraites sur l'année 2008 à venir alors même que celles-ci constitues, et nous le savons, une frange fragile de notre société.


En ce qui concerne une part plus large de la population, la commission Atali propose des solutions qui ne font pas l'unanimité certe, mais qui ont le mérite d'exister. L'ouverture des magasins le dimanche, la multiplication sur le territoire français des grandes surfaces allemandes de hard discount telles que « Lidl » ou « Aldi » sont des proposition sencées exacerber la concurrence et faire baisser les prix. Certains disent que ce n'est pas la solution, qu'il faut que les gens voient leur salaires nominaux augmenter et qu'en plus de leur inéfficacité sur le pouvoir d'achat, ces mesures représenteraient, toujours selon leurs détracteurs, un risque de concurrence déloyale aboutissant sur le fermeture d'un certain nombre de grande surfaces classiques avec tout ce que cela engage (chômage par exemple). Je pense pour ma part que ces mesures permettraient aux consommateurs d'avoir accès à des magasins proposant des produit à des prix plus attrayant et que cela pourrait contraindre les grandes surfaces à diminuer leur marges parfois abbérantes sur un certain nombre de produits. Cela boosterait le salair réel des gens et c'est justement le salaire réel qui est à la base du fameux « ressentit » dont tout le monde nous parle. De plus, ouvrir les magasins le dimanche pourrait créer des emplois qui seraient une aubaine pour les étudiants et pourrait en plus créer de la croissance. Mais il y a bien un risque qui persiste. Travailler le dimanche, ce n'est pas le pied sur le plan famille et les gens qui n'ont rien à faire en ce jour du seigneur (petite envolée lyrique !) iront certainement dépenser un peu d'argent dans ces magasins lumineux et chauds qui leur ouvre leur portes. Côté pouvoir d'achat... Enfin, que faire pour permettre aux artisans de sauver leur commerce sans sacrifier leur vie de famille ? Il y a donc du pour ou du contre et ceux qui le pèse sont nombreux. Il nous faut attendre leur conclusions pour savoir.

samedi 5 janvier 2008

Etre Jeune Centriste, le meilleur des antidépresseurs ?


Les Jeunes Centristes, par la voix de leur Président Damien Abad, s’inquiètent des résultats alarmants du sondage, publié par la Fondation pour l’innovation politique, sur les attentes des 16-29 ans, et qui témoignent de la crise morale et psychologique profonde dans laquelle est plongée notre jeunesse aujourd’hui.

L’une des pistes d’action préconisées par la Fondapol pour sortir de cette morosité ambiante est une plus grande participation des jeunes à la vie politique locale. Les Jeunes Centristes partagent pleinement ce point de vue. C’est pourquoi nous avons créé un mouvement moderne, novateur qui privilégie la participation civique au militantisme béat. C’est bien la première fois qu’un mouvement jeune rattaché à un parti politique, en l’occurrence le Nouveau Centre, a pour mission première de responsabiliser les jeunes et de les amener à exercer des fonctions électives plutôt que d’en faire une caution morale ou une armée de réserve du mouvement aîné.C’est en exerçant des responsabilités que nous rendons possible notre espoir de changer la société et c’est en faisant confiance à la jeunesse d’aujourd’hui que nous lui permettons de se construire son propre avenir et, par là même, celui de la société toute entière.Ainsi, la priorité des Jeunes Centristes est d’avoir un maximum de jeunes qui s’impliquent dans la vie politique locale, que ce soit dans leur ville, dans leur village ou dans leur quartier. C’est dans cet esprit qu’un grand nombre de nos adhérents seront candidats aux élections municipales, dans des positions éligibles. Certains d’entre eux seront mêmes têtes de liste du Nouveau Centre dans plusieurs villes de plus de 20 000 habitants telles que Bois-Colombes, Bron, Clichy, Henin-Beaumont, La Madeleine, Senlis, Sartrouville, Vendôme,…

Nous serons les candidats de la diversité et du renouveau qui essaierons de réduire les fardeaux qui pèsent sur notre jeunesse actuellement : le poids de la dette, la dégradation de notre environnement, la précarisation du marché du travail ou encore l’avenir de nos systèmes de retraite et de santé. Parce que nous croyons que la jeunesse peut apporter quelque chose à notre société et parce que nous pensons que l’intégration peut se faire par l’engagement politique, les Jeunes Centristes entendent faire de leurs jeunes adhérents des citoyens engagés et actifs, au service de la vie dans la Cité. Ce Combat, nous le mènerons avec la plus grande des déterminations et les résultats de cette enquête prouvent que nous sommes dans le vrai et que l’engagement politique, au sens noble du terme, est un formidable antidote contre la déprime actuelle de notre jeunesse.

Damien Abad, Président des Jeunes Centristes.

vendredi 4 janvier 2008

Bons points, images et bonnets d'âne


Dans une démarche très inhabituelle, chaque ministre sera évalué dans son action selon une grille de critères chiffrés, ce qui pourrait les obliger à redoubler d'efforts pour ne pas faire les frais d'un éventuel remaniement.

Construction de logements sociaux, nombre de brevets déposés ou encore accueil des élèves handicapés: les 15 ministres ainsi que le Haut commissaire aux Solidarités actives Martin Hirsch devront régulièrement "rendre des comptes" à François Fillon, qui les recevra individuellement prochainement.

Le député socialiste Pierre Moscovici a qualifié vendredi de "gadget dangereux" le système d'évaluation des ministres annoncé la veille par le gouvernement. "Je pense que c'est un gadget, mais un gadget dangereux et qui porte atteinte à la responsabilité du gouvernement devant le Parlement, qui doit être le seul à même de le contrôler", a déclaré M. Moscovici sur RMC. "Quand à l'action, c'est à la Cour des comptes de la juger", a-t-il ajouté. L'eurodéputé socialiste Benoît Hamon a pour sa part jugé "pitoyable"le système d'évaluationt estimant que "le meilleur baromètre" de leur action, ce sont les élections. "Les politiques sont évalués, à la différence des grands managers, aux élections", a déclaré M. Hamon sur LCI. Aurélie Filippetti, députée de Moselle, porte-parole du groupe PS à l'Assemblée nationale, a jugé cette initiative "grotesque" et "dangereuse, parce que la politique n'est pas affaire de chiffre, de quotas et de rendement"

"La saison des notes n'est pas encore arrivée", a pour sa part ironisé le porte-parole du gouvernement. Selon Laurent Wauquiez, le chef de l'Etat a "renouvelé sa confiance totale, pleine et entière au gouvernement" et a conclu à l'adresse de ses ministres par ces mots : "Faites du bon boulot et ne soyez pas fébriles". Il pourrait cependant se révéler difficile pour certains d'entre eux de ne pas être fébrile à la lecture répétée de leur nom dans une presse qui les dit en sursis comme Hervé Morin (Défense), Michèle Alliot-Marie (Intérieur), Michel Barnier (Agriculture), Christine Albanel (Culture), Christine Boutin (Logement), voire Rachida Dati (Justice), jusqu'ici "chouchoute" du chef de l'Etat mais en butte à l'hostilité des magistrats. Dès la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait annoncé que ses ministres seraient évalués en fonction de leurs résultats et qu'ils auraient à rendre des comptes.

La politique est un domaine comme les autres, qui doit rendre des comptes à nos concitoyens", avait affirmé jeudi le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, en présentant cette nouveauté à la presse. Selon lui, cette démarche a trois objectifs: pouvoir "ajuster le tir", "rendre des comptes sur ce qui change concrètement" et "évaluer chaque ministre". Les "tableaux de bord" pour chaque ministère ont été établis avec l'aide d'un cabinet privé en stratégie, Mars & Co. Mais ce dernier a terminé son travail, et ne participe pas à l'évaluation, a-t-on précisé à Matignon. La démarche a été entamée il y a quatre mois, selon M. Wauquiez, mais sa philosophie n'est pas neuve puisque depuis le projet de loi de finances 2006, chacune des "missions" du gouvernement est assortie d'objectifs et indicateurs, souvent chiffrés, détaillés dans les annexes au projet de loi de finances.

Contacté jeudi, Bercy confirme avoir reçu une trentaine d'indicateurs, comme l'indice des prix dans la grande distribution. Le ministère de l'Education cite parmi les critères retenus à son égard le "nombre d'heures supplémentaires réalisées par les enseignants", "l'accueil des élèves handicapés" ou encore la "progression de l'assouplissement de la carte scolaire". "C'est une grande nouveauté. Ces indicateurs sont dans la droite ligne de la feuille de route" envoyée au ministre de l'Education Xavier Darcos début juillet, note le ministère. "Ca ne nous fait pas peur, au contraire. Ca permet d'évaluer l'action, de mettre en oeuvre ce qu'on nous demande de mettre en oeuvre", a-t-on commenté dans l'entourage du ministre. La ministre de la Culture Christine Albanel sera jugée sur l'"évolution de la fréquentation totale des lieux culturels" et celle de "la fréquentation des musées quand ils sont gratuits", selon une source proche de Matignon. Quant à Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration, il sera notamment évalué suivant le "nombre d'étrangers admis au titre de l'immigration de travail". Parmi d'autres critères retenus pour d'autres ministères, une source gouvernementale cite le "taux de consultation ne donnant pas lieu à une prescription de médicaments" pour la Santé, le nombre de brevets déposés pour la Recherche ou le "nombre de dossiers de surendettements" pour le Haut commissaire aux Solidarités actives. L'action de la Chancellerie est évaluée notamment sur le taux d'application de la loi sur la récidive ou sur le nombre d'aménagements de peine, d'après une source judiciaire. "Je ne savais pas que j'allais être évaluée, je l'ai appris à la sortie du conseil" des ministres, a commenté Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville. "Que tous les hommes et les femmes qui cherchent à se loger puissent le faire le plus rapidement possible, c'est le critère principal que je me donne pour m'évaluer moi-même", a-t-elle ajouté.

Dans l'Iowa, c'est Obama...

Electeurs démocrates et républicains de l'Iowa, Etat du Middle-West peu représentatif du reste des Etats-Unis mais à la réputation de "faiseur de rois", ont lancé hier, jeudi 3 janvier le processus de désignation des candidats à l'élection présidentielle du 4 novembre. Les "caucus" de cet Etat rural de trois millions d'habitants étaient le premier rendez-vous du long processus de sélection, Etat par Etat, des candidats qui s'échelonnera jusqu'au 3 juin, avant leur désignation officielle lors de la convention nationale des partis. Première consultation après un an de campagne, l'Iowa était donc la première étape, soit d'une marche au triomphe pour le candidat qui émergea dans chaque camp, soit d'un échec qui prendra forme plus ou moins vite pour les autres. Le grand vainqueur de l'Iowa n'a toutefois aucune garantie de devenir le prochain occupant du bureau ovale, ni même d'être investi par son parti.


Et si les sondages prédisaient une scrutin sérré, le sénateur noir de l'Illinois Barack Obama, 46 ans, a remporté les caucus démocrates et Hillary Clinton a subit un sérieux revers. De son côté, Mike Huckabee, ex-gouverneur de l'Arkansas et ancien pasteur baptiste quasi inconnu il y a quelques semaines, a remporté haut la main les caucus républicains. M. Obama, sénateur depuis 2005 seulement, a donc battu deux candidats parmi les plus expérimentés du camp démocrate : il l'emporterait avec 38% devant John Edwards, 30%, et Hillary Clinton à 29%. Après sa victoire, le jeune parlementaire a salué ce choix de "l'unité plutôt que la division" et "l'envoi d'un puissant signal de changement pour l'Amérique". M. Obama qui pourrait devenir le premier Noir à occuper la Maison Blanche a gagné dans un Etat composé de 95% de Blancs. Pendant longtemps, Mme Clinton qui demeure la favorite démocrate au niveau national avait fait la course en tête dans l'Iowa avant d'être irrésistiblement rattrapée par ses rivaux. La sénatrice de New York a promis de continuer à se battre, et s'est dit "optimiste" et "confiante" avant les primaires du New Hamsphire (nord-est) mardi.
Cette victoire d'Obama est le signe que les électeurs américains privilégient le changement (Obama) à la compétence (Clinton). Et si le New Hamsphire confirmait la prédominance de Barack Obama, cela pourrait créer une dynamique susceptible de retourner la situation de leader d'Hillary Clinton en sa faveur. Quoi qu'il en soit, cela semble se jouer entre deux "centristes" du côté démocrates et il faudra suivre l'évolution de la situation.