De l'aveu même de Corinne Lepage, présidente de CAP 21, le ton est monté sur plusieurs questions, notamment celle de la double appartenance. Selon elle, environ 20% des adhérents voulaient garder la liberté de refuser l'adhésion automatique au MoDem (soit aux alentours de 550 adhérants). « On a voté trois fois sur la question de savoir si des adhérents de Cap 21 pouvaient y rester sans adhérer obligatoirement au MoDem. On a fini par dire non », a-t-elle expliqué.
Un MoDem dénonce
Jérôme Charré est un militant MoDem qui s'est rendu au congrès de CAP 21 car « curieux par nature » dit-il tout en avouant être conscient que « les cultures de ces mouvements ont encore du mal à se retrouver. »« L'ambiance est nettement différente » relève-t-il en premier lieu. « L'applaudimètre est en panne ». C'est sur que cela doit changer du MoDem où les adhérants ne sont là que pour adouber le grand maître. « Les militants de Cap21 travaillent et cela aboutit à des textes de motions intéressants » ajoute-t-il. Remarquable constat donc : dans certains mouvements, on réfléchit... Mais que font-il au MoDem ?
Il poursuit en jugeant que « les textes soumis à débat [sont] assez ambigus et les débats très, voire trop, technique, sinon technocratiques » et qu'il faudra « vulgariser quelque peu ses travaux afin que les adhérents MoDem puisse s'en emparer, et par là-même les citoyens dans leur ensemble. » Voilà donc le fin mot de l'histoire, ce militant MoDem veut changer la nature du mouvement de Corinne Lepage. Selon lui, CAP 21 est sectaire et inaccessible à la population. Pas assez populaire donc ce mouvement.
De l'autre côté du CAP
«Je souhaite que Cap21 soit l'aiguillon du projet politique, car la chance du MoDem est d'être le parti du développement durable ». Ce qu'il est intéressant de constater est que du côté de CAP 21, la volonté est aussi, à la fois au changement de l'autre, mais aussi à la direction du couple. Est-il vraiment judicieux de se lier à une personne (aussi morale soit-elle) que l'on veut changer. C'est, me semble-t-il, une démarche vouée à l'échec.
Aussi Corinne Lepage affirme-t-elle vouloir faire du parti de son homologue François Bayrou le parti du développement durable. Cela est significatif de la résistance des vieux réflexes : l'ancienne think-thank du développement durable transformée en parti écologiste n'a toujours pas en tête la dimension « généraliste » que le MoDem a vocation à avoir selon ses deux têtes pensantes, Bayrou et de Sarnez.
Voilà donc deux mouvements ayant deux visions et deux approches très différentes de la politique qui se marient pour le meilleur et pour le pire. Comme à tous les jeunes mariés, nous allons leur souhaiter une longue vie commune et beaucoup de bonheur (d'autant que j'aprécie énormément madame Lepage) mais comme parfois dans les mariages, je ne peut m'empêcher de me demander combien de temps cela va durer et comment va se passer le divorce...




