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lundi 16 juin 2008

Mariage forcé entre MoDem et CAP21 ?

Certains ont parlé de mariage chaud, d'autres disent que les nouveaux époux « continuer à travailler chacun dans leur coin de façon autonome et individuelle ». Autrement dit, le mariage entre le MoDem et Cap21 est là, mais l'individualisme plane. Les deux personnalités sont-elles faites pour s'entendre ? Sont-ils de potentiels futurs divorcés ? Etudions la question avec plus de précision.

« Ça a chauffé »

De l'aveu même de Corinne Lepage, présidente de CAP 21, le ton est monté sur plusieurs questions, notamment celle de la double appartenance. Selon elle, environ 20% des adhérents voulaient garder la liberté de refuser l'adhésion automatique au MoDem (soit aux alentours de 550 adhérants). « On a voté trois fois sur la question de savoir si des adhérents de Cap 21 pouvaient y rester sans adhérer obligatoirement au MoDem. On a fini par dire non », a-t-elle expliqué.

Un MoDem dénonce

Jérôme Charré est un militant MoDem qui s'est rendu au congrès de CAP 21 car « curieux par nature » dit-il tout en avouant être conscient que « les cultures de ces mouvements ont encore du mal à se retrouver. »

« L'ambiance est nettement différente » relève-t-il en premier lieu. « L'applaudimètre est en panne ». C'est sur que cela doit changer du MoDem où les adhérants ne sont là que pour adouber le grand maître. « Les militants de Cap21 travaillent et cela aboutit à des textes de motions intéressants » ajoute-t-il. Remarquable constat donc : dans certains mouvements, on réfléchit... Mais que font-il au MoDem ?

Il poursuit en jugeant que « les textes soumis à débat [sont] assez ambigus et les débats très, voire trop, technique, sinon technocratiques » et qu'il faudra « vulgariser quelque peu ses travaux afin que les adhérents MoDem puisse s'en emparer, et par là-même les citoyens dans leur ensemble. » Voilà donc le fin mot de l'histoire, ce militant MoDem veut changer la nature du mouvement de Corinne Lepage. Selon lui, CAP 21 est sectaire et inaccessible à la population. Pas assez populaire donc ce mouvement.

De l'autre côté du CAP

«Je souhaite que Cap21 soit l'aiguillon du projet politique, car la chance du MoDem est d'être le parti du développement durable ». Ce qu'il est intéressant de constater est que du côté de CAP 21, la volonté est aussi, à la fois au changement de l'autre, mais aussi à la direction du couple. Est-il vraiment judicieux de se lier à une personne (aussi morale soit-elle) que l'on veut changer. C'est, me semble-t-il, une démarche vouée à l'échec.

Aussi Corinne Lepage affirme-t-elle vouloir faire du parti de son homologue François Bayrou le parti du développement durable. Cela est significatif de la résistance des vieux réflexes : l'ancienne think-thank du développement durable transformée en parti écologiste n'a toujours pas en tête la dimension « généraliste » que le MoDem a vocation à avoir selon ses deux têtes pensantes, Bayrou et de Sarnez.

Voilà donc deux mouvements ayant deux visions et deux approches très différentes de la politique qui se marient pour le meilleur et pour le pire. Comme à tous les jeunes mariés, nous allons leur souhaiter une longue vie commune et beaucoup de bonheur (d'autant que j'aprécie énormément madame Lepage) mais comme parfois dans les mariages, je ne peut m'empêcher de me demander combien de temps cela va durer et comment va se passer le divorce...

jeudi 27 mars 2008

Prémice d'une union des centres au MoDem ?

Pas question de crier «haro sur le Bayrou» pendant la réunion du bureau exécutif du Modem, qui s’est tenue hier soir au siège du parti, à Paris. Le mot d’ordre avait été lancé la veille par le dernier carré des fidèles du député des Pyrénées-Atlantiques. Il a aussi été repris par les plus critiques, malgré les revers électoraux du Modem aux municipales et la défaite de son leader à Pau. «Comme d’habitude, quelques-uns vont faire "bouh-bouh" puis les choses vont se tasser très vite», ironise Jean-Luc Bennahmias, habitué à des prises de bec politiques autrement plus vives chez les Verts, son ancienne formation.


Même les sénateurs centristes, toutes chapelles confondues, réunis mardi pour un déjeuner de rentrée parlementaire surtout consacré au paysage post-municipales, n’ont pas donné le signal de la fronde.


«Il y a aujourd’hui besoin d’un centre réunissant tous les centristes, de droite comme de gauche», précise le sénateur et président du conseil général du Rhône, Michel Mercier. Ce fidèle de François Bayrou, trésorier du Modem, réclame «une stratégie d’alliance claire et pas au coup par coup, comme cela s’est passé pendant les municipales, dans une sorte de tohu-bohu généralisé». Ce pilier de la maison Bayrou prône également un rapprochement avec les députés du Nouveau Centre, qui regroupe les ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, pour un travail parlementaire commun qui pourrait se concrétiser lors du débat sur les institutions. «La question de fond qui nous est posée, résume Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher, est de savoir si l’on veut un centre indépendant ou non, et avec quelles alliances.»


Seul Jean Arthuis, sénateur de la Mayenne, rêve d’un retour aux heures bénies de la défunte UDF, mise en sommeil pour trois ans lors du congrès fondateur du Modem, fin 2007. Il propose de réunir le comité directeur de l’ancienne formation giscardienne pour rassembler la famille centriste plus éparpillée que jamais. Jean Arthuis ne se voit pas «rester dans un mouvement à ce point désorganisé et erratique. Les seules villes gagnées par le Modem l’ont été grâce à des alliances passées avec la droite». Mais il pense, comme d’autres, que l’avenir du centre passe par un rapprochement avec le Nouveau Centre, qui tiendra son congrès fondateur en mai, à Marseille.


Même les nouveaux convertis, arrivés au Modem dans le sillage de la présidentielle, dénoncent «un mode de gouvernance concentré entre deux personnes : François Bayrou et Marielle de Sarnez», tête de liste du parti lors des municipales à Paris. «Il faut mettre sur pied une organisation qui tienne la route quotidiennement, avec une direction plus collégiale et un programme beaucoup plus construit», réclame Corinne Lepage, présidente de Cap 21, organisation cofondatrice du Modem. «Après ces résultats, certains d’entre nous se demandent quel rôle peut encore jouer le Modem dans la vie publique et surtout quel sera le rôle de Bayrou en 2012», confie l’un des responsables du Modem. Mais de cela, hier soir, il ne devait pas être question.


On peut donc remarquer deux choses : le MoDem ne se divise pas (mais vu le nombre qu'il reste, ils ne peuvent être que d'accord entre eux), et est favorable à un rapprochement avec les centristes de la majorité rassemblés au Nouveau Centre. De plus, les points communs entre le MoDem et le Nouveau Centre se multiplient :

1. les programmes sont semblables (chacun ayant reporté le programme de l'UDF, le Nouveau Centre se justifiant par l'appartenance à ce mouvement de la plupart des rédacteur de ce dernier et le MoDem revendiquant la possession de la structure juridique de l'UDF),

2. les deux formations regrettent l'UDF (en même temps, si les résultats de chacun sont relativement encourageant pour de jeunes formations, les deux ajoutées n'arrivent pas au niveau de la défunte et regrettée Union pour la Démocratie Française),

3. les deux partis ont intérêt à faire front commun pour négocier la réforme des institutions et obtenir l'insertion d'une dose de proportionnelle,

4. les militants, d'un côté comme de l'autre, souhaitent un rassemblement des centristes.


Maintenant, il faut savoir comment chacune des deux formation va engager se rapprochement et amorcer un dialogue après s'être déchiré pendant une année durant. Aussi, les conditions de ce rapprochement sont encore inconnues, tout comme la forme que prendra ce dernier. Dialogue, coopération, union parlementaire (qui supposerai, ou l'entrée du MoDem dans la majorité, ou la sortie du Nouveau Centre de celle-ci, deux hypothèses peu probables), collaboration dans la formation d'un programme, alliance électorale ? Dans quelles conditions ? Parité, prises des décisions au prorata du nombre de militants, de députés ? Qu'en pense le Nouveau Centre ? Autant de questions qui restent pour le moment en suspend.


Pour ma part, je pense qu'il faut renouer le dialogue progressivement, et pourquoi pas, viser à la résurrection de l'UDF qui n'est suspendu, rappelons-le, que pour tois ans. C'est en tout cas un espoir d'union des centres et une chance qu'il faut saisir. Ma question est : que fait-on pour 2012 ?

mercredi 16 janvier 2008

Erika, reconnaissance judiciaire du désastre

La justice française considère que le groupe, condamné à 375.000€ d'amende, a commis une faute d'imprudence en affrétant un pétrolier trop vieux.


375.000 euros. Total écope de l'amende maximale. Le tribunal correctionnel de Paris a déclaré mercredi que le groupe pétrolier s'est rendu dans le naufrage de l'Erika, coupable de «pollution maritime » et d'une «faute d'imprudence». Cette imprudence a joué «un rôle causal dans le naufrage de décembre 1999 et comme telle a provoqué l'accident». Total SA qui avait affrété le bateau, n'a pas tenu compte de «l'âge du navire», près de 25 ans, et de «la discontinuité de sa gestion technique et de son entretien».


Même sévérité envers la société de classification Rina déclaré elle aussi coupable de «pollution maritime» à la suite de la catastrophe de l'»Erika. L'entreprise devra égalementverser 375.000 euros d'amende. L'armateur Giuseppe Savarese et le gestionnaire du pétrolier, Antonio Pollara, sont reconnus coupables d'une faute caractérisée et devront payer 75.000 euros d'amende. Selon le tribunal correctionnel, les deux Italiens ne pouvaient pas ignorer que les travaux de réparation du navire avaient été conduits de manière à «réduire les coûts ».


400 km de côtes polluées



Ce jugement était très attendu. Il intervient après sept mois de délibéré suivant quatre mois d'audience du premier grand procès d'une catastrophe écologique en France. Défenseurs des animaux, associations écologiques, pêcheurs, collectivités locales, mareyeurs et hôteliers... En tout, une centaine de parties civiles réclament un milliard d'euros d'indemnisations pour la destruction de la nature et de la vie sauvage -plus de 150.000 oiseaux morts et 400km de côtes souillées- et le coup d'arrêt porté à l'économie de trois régions suite au déversement de 20.000 tonnes de fioul lourd, ultra-polluant sur les rivages de l'hexagone.


Il semble qu'ils se soient fait entendre du tribunal correctionnel qui a prononcé cette après-midi environs 900.000€. Saluons l'engement de la présidente de CAP21 Corinne Lepage aux côtés des sinistrés. Je publierais dès que possible la réaction de cette cadre remarquable du Mouvement Démocrate.

dimanche 25 novembre 2007

Ensemble tout devient possible même au centre !

Élu lundi 19 novembre, sans surprise, président du Parti radical lors du 108e congrès de cette formation politique, qu’il coprésidait depuis 2005 avec le maire de Nancy André Rossinot, Jean-Louis Borloo s’est fixé une feuille de route on ne peut plus claire : « Faire du Parti radical, l’un des premiers partis de France. »

Investi très confortablement avec 83% des suffrages exprimés par le millier de délégués réunis à Paris, face à son unique challenger, le député de Belfort Michel Zumkeller, le numéro deux du gouvernement sent une fenêtre de tir pour booster son parti, actuellement associé à l’UMP. Le diagnostic d’André Rossinot est simple : d’un côté le PS implose et n’a pas réussi sa mutation – « François Hollande, c’est Guy Mollet, c’est la fin d’un cycle » –, de l’autre le centre, à travers le MoDem et le Nouveau centre, se cherche, tandis que l’écologie politique est très affaiblie. Jean-Louis Borloo, lui, entend remettre son parti en ordre de marche et affirmer son autonomie vis-à-vis du parti giron, l’UMP. « Les Valoisiens ne sont plus un courant du l’UMP, mais une formation politique de la majorité », assure-t-il. Pour cela, il entend tripler le nombre d’adhérents – aujourd’hui près de 10 000 – en an, et fédérer au-delà des radicaux de gauche. Ce congrès intervient en effet alors que Jean-Louis Borloo, André Rossinot et Jean-Michel Baylet, chefs de file des deux familles radicales, Parti radical et Parti radical de gauche, se sont rencontrés pour la première fois mercredi 14 novembre à Paris et ont renoué le dialogue mercredi après trente-cinq ans de brouille, en vue d’un éventuel rapprochement. « On essaie de fermer la parenthèse » ouverte après la scission en 1972, a déclaré M. Borloo, les deux partis ont « une histoire commune, nous sortons du même moule, même si on ne se ressemble plus tout à fait parfaitement », a déclaré de son côté M. Baylet, sénateur du Tarn-et-Garonne et président du PRG. Devant les délégués qui l’ont applaudi longuement, Borloo a défendu sa « stratégie d’indépendance loyale ». Certes, « je suis convaincu que ce qu’on va faire va en déranger plusieurs, parmi nos amis, mais il faut le faire dans l’intérêt de notre pays » ; mais « bien entendu, nous soutenons l’action du président et du gouvernement, dans une liberté d’action, de rêve et de parole ».

Pour l'échéance de mars 2008, « ni les radicaux valoisiens, ni les radicaux de gauche ne remettent en cause leurs alliances traditionnelles », avertit M. Baylet, qui avait rencontré la veille les dirigeants de la gauche dont le premier secrétaire du PS François Hollande. Côté valoisien, on affiche une plus forte détermination à sceller la réconciliation, avec la bénédiction de l'UMP. Mais « on se donne du temps après les municipales qui sont un temps de respiration de politique locale », affirme M. Rossinot. Toutefois, le maire de Nancy, qui vient de recevoir son investiture de l'UMP pour briguer un cinquième mandat, affirme sa volonté de faire de la Lorraine un « laboratoire du rapprochement » des deux familles « dès les municipales ». « Il existe déjà de fait dans certaines communes », renchérit Jean-Louis Borloo évoquant des listes « dans lesquelles il y aura ensemble des radicaux dits de gauche et valoisiens ». Au PRG, « on est aujourd'hui sur le constat de nos convergences », dit prudemment M. Baylet. A propos de la fusion, il répond, « on verra ». Cependant, il apparait que les deux formations, et surtout les valoisiens, entendent bien « organiser le centre ».

En cela, le Nouveau Centre est en passe de se faire souffler se place de parti de centre-droit. Et rien ne pourrait être plus fort et plus puissant que l'union. C'est pourquoi je souhaite que toutes les formations du centre gauche au centre droit, notamment Gauche Moderne, le Parti Radical de Gauche, le Mouvement Républicain et Citoyen, le Nouveau Centre, Démocratie Libérale, le Parti Radical Valoisien, l'UDF, Cap21, Génération écologie, Alternative Libérale et toutes les autres que je ne cite pas et qui se reconnaissent dans le centre, le progressisme, qui ont un rêve d'Europe, de démocratie, de liberté, de citoyenneté, d'écologie constructive, à se rassembler et se rapprocher pour réfléchir ensemble à l'avenir commun que l'on pourrait se donner malgré nos différences.

Parce que nous avons un devoir d'avenir, parce que nous voulons peser et exister demain, parce que nous avons foi en nos conviction, construisons ensemble le centre du XXIè siècle.
Ensemble, construisons l'avenir, choisissons l'audace !

PARCE QUE L'UNION FAIT LA FRANCE !!!