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mardi 17 juin 2008

Renaissance du RPR !

« L'UMP sera le parti unique de la droite et du centre ! » « L'UMP sera le premier parti à ressembler en son sein l'ensemble de la droite républicaine et du centre. » « L'UMP sera la grande maison bleue qui abritera des gens de sensibilités différentes prêts à travailler ensemble... » Voilà un échantillon de ce qui avait été dit en 2002 à l'occasion de la création de l'Union pour un Mouvement Populaire. Que reste-t-il aujourd'hui de ces promesses ? Que reste-t-il de nos amours ? Ont-ils été de pailles ? Sont-ils morts ? Qu'avons-nous fait de la grande UDF ? Que sont devenu ces membres ? Que subsite-t-il du RPR ? Autant de questions auxquelles je vais tanter de répondre ici.


Ces centristes de l'UMP


Avant la création de la grande centale centro-républicaine, il existait deux formations qui cohabitaient : le Rassemblement Pour la République (RPR) qui regroupait les gaullistes et les tenants d'une droite républicaine et l'Union pour la Démocratie Française (UDF) qui rassemblait les centristes, les radicaux, les tenants d'une droite sociale et/ou modérée et les libéraux. Ces deux formations politiques regroupaient en leur sein deux familles politiques voisines qui collaboraient parfois déjà dans la douleure. On se souvient notamment de la période où Valéry Giscard d'Estaing était Président de la République (1974-1981). Petit à petit, après que François Bayrou ait prit la présidence de l'UDF, celle-ci commença à perdre de la vitesse. De 215 députés en 1993, le groupe UDF à l'Assemblée Nationale est passé à 113 députés en 1997. A la fin de la législature, en 1997, le groupe, rebaptisé UDF-Alliance ne comptait plus que 62, députés alors qu'était né un groupe autonome « Démocratie Libérale » comptant 40 députés. Démocratie Libérale était une ancienne composante de la grande UDF. Voilà le point de départ de notre histoire : le départ de nos cadres...


En 2002, à la suite de l'arrivée de LePen au second tour de l'élection présidentielle, la droite est en passe de remporter les élections avec un score suppérieur à 80%. Un score qualifié d'africain dans le jargon. Entre les deux tours, le candidat Chirac rencontre François Bayrou qui a fait entre 6 et 7%, score honorable à l'époque. Ce dernier lui suggère de faire un gouvernement d'union nationale. A cela, Chirac répond qu'il fera le parti unique de la droite et du centre. A cette époque, le projet devait porter le nom d'Union en Mouvement.

Le second tour se solde effectivement par une victoire de Chirac à plus de 80%. Les législatives qui suivent voient l'Union pour une Majorité Présidentielle remporter une large majorité (365 sièges sur 577 à pourvoir). Ce groupe rassemble déjà des personnalités de la droite issues très majoritairement du RPR et des personnalités centristes, notamment issues de Démocratie Libérale mais aussi du Parti Radical dit « Valoisien », ancienne composante de la grande UDF qui lui aussi a quitté le parti centriste pour le grand rassemblement de la droite et du centre.


A ce moment, l'UDF a perdu deux de ces composantes et va encore perdre une bonne partie de ses cadres qui vont rejoindre l'UMP. Je ne sais pas s'il faut le regretter mais tous ne vont pas le faire. C'est à cette période qu'il eut été judicieux me semble-t-il pour Bayrou de dire clairement ce qu'il voulait. La gauche était un champ de ruine, le centre se mouvait et la droite muait, du moins en apparence. Il aurait pu alors dire sa différence et se poser comme une alternative crédible pour 2007. Mais force est de constater qu'il ne l'a pas fait.


Je demande s'il faut le regretter car à ce moment, si l'UMP avait attiré à elle l'intégralité des centristes, alors peut-être le rapport des forces aurait été plus équilibré et peut-être l'UMP aurait-elle été un véritable parti de la droite et du centre.


Mais pour en revenir à l'historique de cette merveilleuse aventure qu'est la collaboration gouvernementale compliquée entre le centre et la droite, l'UMP comptait dans ses rangs Christine Boutin (FRS ex-UDF), André Rossinot (PRV ex-UDF), Alain Madelain (DL ex-UDF), Claude Goasguen et Hervé de charrette (Convention démocrate ex-UDF) et biens d'autres comme Philipe Douste-Blazy (ex-UDF) mais nous n'allons pas tous les citer. A côter de ces centristes se tenaient l'ensemble des ex-RPR, bien entendu largement majoritaires.


L'UMP Chiraquienne


Certes, elle ne dura pas plus de temps qu'elle ne due. Et cela est selon moi regrettable. Mais il y eut tout de même une période où l'UMP était Chiraquienne, sous les présidences successives de Michèlle Alliot-Marie (Le Chêne, formation gaulliste) et Alain Juppé. En ce temps, les centristes furent respectés. On eut même l'immense honneur d'avoir un Premier Ministre. En effet, Jean-Pierre Raffarin était un ancien de l'UDF. D'abord co-fondateur du Parti Populaire pour la Démocratie Française (PPDF) puis membre de Démocratie Libérale avant d'intégrer l'UMP.


Pendant ce temps, l'UDF n'a plus que 29 députés. Les « fidèles bédoins » (vous remarquerez le gracieux surnom que cela nous avait valu d'être fidèle, on ressent déjà la consodération du chef pour ses troupes) sont toujours porteurs de l'étiquette giscardienne. Pour information même Giscard est alors plus proche de l'UMP. Les combats sont rudes, mais ils sont vaillamant menés. Bien entendu, ils ne mènent pas à grand chose. Ceux qui gouvernent sont à l'UMP. Les centristes qui ont le pouvoir, quoi qu'on en disent, sont à l'UMP.


Fut venu le temps du sarkozysme


En 2004, le temps était venu de faire de la place au grand Nicolas. Le nouveau chef du parti majoritaire avait bien compris la force en puissance que représetait un mouvement aussi vaste : il était simple de touver des contestataires prêts à légitimer une stratégie alternative. D'autant que les chiraquiens en fin de règne et occupés à gouverner se faisaient moins regardant. Le nouveau président du parti de la droite et du centre se fit donc premier opposant. La position est facile : il peut « agir » eet contester.


Mais à ce moment, il doit trouver le terraux pour élargir le cercle des sarkozystes. Au centre, les gens sont satisfaits de Jacques Chirac, ils ne tiennent pas à se faire encombrants. Et puis soyons francs, le sarkozysme est plutôt une doctrine qui a vocation à s'implanter par la droite conservatrice et libérale du parti. Justement, ça tombre drôlement bien, c'est là que les gens sont les plus mécontent du gouvernement en place jugé trop mou et trop peu volontariste. Le crénau est donc trouvé : plus de libéral, plus de sécurité, plus de droite ! Et comme il est toujours plus simple de critiquer, le succès est immédiat.


La vague interne se transforme en tsunami : l'UMP devient toute entière vouée à Sarkozy. Dans ce bain ultra-libéral et conservateur, bon nombre de centristes ne sont plus tout à fait à leur aise. Voilà le début d'un irrespect qui va aller croissant. Tout ce qui n'est pas sarkozyste n'est pas UMP, ou est très mal vu. Les chiraquiens ou chiraco-villepinistes sont alors montrés du doigt. Ils sont devenu les moutons noirs alors que les centristes sont simplement ignorés. Forcément, cela aura des conscéquences sur la suite des choses.


La suite des choses


Aujourd'hui, la situation est celle que l'on connait. Je me suis permis une ellipse temporelle concernant les présidentielles de 2007 car il me semble que je les ai suffisemment analysées, racontées... La suite des choses sont simple. L'UDF a fini par disparaître pour laisser place au Nouveau Centre comptant 23 députés et au MoDem comptant 3 députés (non-inscrits) et l'UMP est toujours majoritaire à l'Assemblée et majoritairement sarkozyste.


En effet, l'UMP, après avoir été le grand parti de la droite et du centre de 2002 à 2007 (voire 2004) redevient subitement un parti de droite traditionnel. La bataille interne entre sarkozystes et chiraco-villepinistes a eut une conscéquence insoupçonnée : les centristes ont disparu du débat. Ignorés pendant trois ans (de 2004 à 2007), les centristes de l'UMP ont finit par disparaître de la surface. Pourtant, ils sont toujours là. Et des voix commencent à s'élever contre ce qui apparaît comme une « RPRisation » de l'UMP.


En effet, l'UMP est notamment confrontée au mécontentement de formations et clubs de réflexion associés, qui lui reprochent de ne pas assez prendre en compte les différentes sensibilités du parti. La ministre du logement Christine Boutin, ex-UDF et présidente depuis 2002 du Forum des républicains sociaux (8.000 adhérents revendiqués), a saisi l'occasion d'un conseil national de son parti pour passer à l'attaque. L'UMP « est en train de redevenir un parti replié sur lui-même », a-t-elle lancé. « Si l'UMP reste l'expression unique de l'ancien RPR, elle fera 15-17% aux élections européennes et régionales », a-t-elle mis en garde.


Les parlementaires issus de l'UDF, qui ont rejoint l'UMP en 2002, ont eux aussi des revendications. C'est le cas de Claude Goasguen et Hervé de Charette, co-dirigeants du club de réflexion « Convention démocrate », qui veulent l'instauration de courants au sein de l'UMP. « Il faudrait que l'UMP se souvienne qu'elle n'est pas que le RPR », souhaite M. Goasguen. « Les colloques et les groupes de travail tout préparés n'inciteront pas les gens à venir adhérer », a-t-il déclaré à l'AFP. « Il faut que ce parti soit beaucoup plus vivant ».


Messieurs de Charette et Devedjian se sont récemment affrontés, par voie de presse interposée. Le premier a reproché au second sa « présidence brejnévienne » à la tête d'une UMP « RPRisée ». « Les militants UMP désertent nos permanences. Il y a un vrai malaise dans ce parti », a affirmé le député du Maine-et-Loire. « Je connais le prix des états d'âme de M. de Charette, il est de 600.000 euros! », a répliqué M. Devedjian, évoquant le montant de la subvention refusée par l'UMP à la « Convention Démocrate ».


De son côté, le Parti radical (10.000 adhérents revendiqués), présidé par le ministre d'Etat Jean-Louis Borloo et qui compte 24 députés et sénateurs, affirme avoir « une série de particularismes » qui lui évitent ce « problème existentiel », selon son président d'honneur, André Rossinot. « Je souhaite aussi qu'on joue toutes les sensibilités de l'UMP, parti de la droite républicaine et du centre, dans sa complexité », souligne-t-il cependant.


Le Nouveau Centre pour sa part réclame « des règles du jeux plus claires » et « le respect de chacun » alors que, comme je le disais dans mes précédents billets, la grogne monte au sein notamment du groupe Nouveau Centre. Les « affaires » se multiplient dans un contexte où les sensibilités du chacuns sont exacerbées.


Et maintenant ?


Je crois que nous sommes face à un vrai problème de communication au sein de la majorité. Ce problème est un problème globale. Il est présent, tant entre la majorité parlementaire et le gouvernement qu'entre les différentes sensibilités de la majorité. C'est une certitude que j'ai : si nous continuons en ce sens, l'UMP finira par redevenir un parti de droite traditionnel. Déjà au Nouveau Centre, nous voyons arriver d'anciens UMP... Et je suis sûr et certain que le Parti Radical a vu ses effectifs gonfler en terme de militants ces derniers mois.


A titre personnel, j'appel l'ensemble des centristes de l'UMP qui ne se reconnaissent plus dans un parti qui ressemble de plus en plus au RPR de rejoindre le Nouveau Centre. Le Nouveau Centre souhaite reconstruire la maison UDF telle qu'elle était en 1993. Avec les partisans de Boutin, les radicaux, les démocrates libéraux, les centistes attachés à la collaboration avec la droite. Nous ne voulons pas créer une UMP bis, nous ne voulons pas non plus d'un MoDem. Simplement nous pensons que le système du parti unique a montré ses limites. Nous pouvons tous ensemble être des partenaires exigeants et entendus. C'est une certitude que j'ai, c'est une conviction que je porte.

samedi 14 juin 2008

La France n'est plus indivisible

Non, ne vous inquiétez pas, je ne suis pas devenu un régionaliste lorrain inconscient poseur de bombe ! Simplement, je conteste le projet de loi portant réforme et modernisation de la Constitution. Ou du moin les amendemants qui y ont été apportés. Je relèverai notament deux amendemants et sous amendemants. Respectivement, je parlerai de l'amandement n°605 et du sous amendement n°606 qui lui est rattaché. Ils traitent de la nécéssité de faire inscrire dans la Constitution l'appartenance des langues régionales au patrimoine national.


Les amendements dans le texte

AMENDEMENT N° 605 Rect.
présenté par
M. Warsmann, rapporteur
au nom de la commission des lois
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ARTICLE ADDITIONNEL
AVANT L'ARTICLE PREMIER, insérer l'article suivant :
L’article 1er de la Constitution est complété par une phrase ainsi rédigée :
« Les langues régionales appartiennent à son patrimoine. ».
EXPOSÉ SOMMAIRE
Cet amendement propose de tenir compte du souhait d’inscrire dans la Constitution l’existence de langues régionales, qui a été exprimé par un grand nombre de parlementaires, notamment à l’occasion du récent débat qui a eu lieu à l’Assemblée nationale sur les langues régionales (séance publique du mercredi 7 mai 2008).
Il est proposé d’insérer la mention des langues régionales dans l’article 1er de la Constitution, qui a été complété par la révision Constitutionnelle du 28 mars 2003 afin de préciser que « son organisation est décentralisée ».

SOUS-AMENDEMENT N° 606
présenté par
M. Bayrou
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à l'amendement n° 605 de la commission des lois
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AVANT L'ARTICLE PREMIER
Après le mot :
« patrimoine »
rédiger ainsi la fin de l’alinéa 2 de cet amendement :
« de la Nation. La République les protège. ».
EXPOSÉ SOMMAIRE
Ce sous-amendement se justifie par son texte même.

La critique sommaire

Dans un premier temps, je souhaiterais exprimer mon désaccord quant au fait de faire inscrire en tête de notre Constitution l'appartenance des langues régionale à notre patrimoine national. Je crois d'abord qu'il est inutile de surcharger un texte censé définir le fonctionnement de nos institutions et les principes fondamentaux de notre droit positif français. Ensuite j'ai peur -et je suis tout à fait sérieux lorsque j'envisage cette facette du problème- que mettre ainsi en exergue cet élément distinctif de chaque région de France dans notre « texte fondateur » face passer au second plan le fameux « La République Française est [...] indivisible ».

En premier lieu donc, le fait que l'inscription de ce principe soit discutable. Les dépositaires de cette modification du texte -dont en outre monsieur Bayrou- n'ont certainement pas acqui que la priorité d'une Constitution ne réside pas dans la protection, certes tout à fait nécéssaire, des éléments du patrimoine linguistique de la France. En effet, sa fonction est avant tout de définir un mode de fonctionnement efficient pour nos institutions. Ensuite, le texte fondamental dont doit se munir chaque état et qui est la Constitution doit énoncer les principes fondamentaux du droit positif d'un pays. Ces deux fonctions représentent déjà un travail considérable pour les Constitutionnalistes et offre à ce texte un rôle prédominant. Il n'est pas nécéssaire me semble-t-il de l'alourdir de « choses dont le nécéssité n'apparait pas comme expresse et qui ne sauraient justifier de façon inébranlable leur présence ».

La France a cette fâcheuse tendance de légiférer pour légiférer. Un peu comme si le Parlement, à défaut d'avoir un réel pouvoir, se mettait à produire une somme considérable d'amendements pour (se) prouver qu'il existe. Et comme le dit Guy Carcassonne « il n'y a rien de plus terrifiant que le cri déchirant la nuit d'un ministre qui n'a pas eut sa loi [une loi à son nom ndlr] ! ».

Voilà donc ce que je ne souhaite pas, que la Constitution se voit flanquée d'une somme d'affirmations qui ne seraient finalement là que pour flatter tel ou tel lobbying régional, économique, corporatiste ou que sais-je encore. Si je ne le veux pas c'est simplement parce que je considère que la Constitution, dans sa rédaction n'est pas là pour plaire aux technocrates, n'est pas là pour se farder d'un intellectualisme inutile. Bien sûr que les mots ont leur importance et qu'il ne faudrait pas sous estimer leur rôle, primordial en de pareilles circonstances. Seulement, utilisons les bons mots au bon endroit, mais n'utilisons que les mots nécéssaires et n'allons pas plus loin. L'enjeux est que chacun puisse lire le texte fondamental. Car nul, souvenez-vous, n'est censé ignorer la loi. Et au delà de ça, rappellez-vous de l'une des significations du NON des français au référendum de 2005 sur le traité établissant justement une Constitution pour l'Europe. Ils l'avaient trouvé « illisible ». Une fois encore, le mot a toute son importance : ils se sont trouvé face à un texte qui, de par sa précision et par sa rédaction leur était inaccessible...

Voilà donc qui nous pousserait plutôt à s'en tenir au strict nécéssaire, ce qui finalement est déjà un immense défi.

Poursuivons sur la nature textuelle du problème. Inscrire dans l'article premier de la Constitution de la Vè République que « Les langues régionales appartiennent au patrimoine de la Nation. La République les protège. » pose plusieurs problèmes.

D'abord c'est s'aventurer sur le terrain dangereux des caractéristiques et au delà des particularismes régionaux. Or on sait combien les vélléïtés d'indépendances peuvent être fortes en France, notamment de la part des régions périphériques qui justement sont les premières visées par de telles dispositions. Je crois qu'avancer un peu plus dans la reconnaissance de « caractéristiques propres à chacunes d'entre elles » pourrait nous contraindre à terme à affronter le développement du conrant de pensée autonomiste qui aurait de plus en plus d'argument. Ne leur donnons pas plus de légitimité qu'ils n'en ont déjà !

Ensuite, il y a une phrase dans la Constitution qui affirme que la République française est indivisible. C'est justement un point fondamental que la Constitution se doit de préciser. C'est ce genre de choses qui doivent être inscrites dans la Constitution parce qu'elles sont d'une envergure particulière. Pour en revenir au débat (presque sémantique, j'en convient) il me semble que le caractère indivisible de la Nation française soit incompatible avec l'inscription dans son texte fondamental de particularismes géographiques diverses. Ils sont certainements très importants à préserver culturellement et je ne remet pas en cause leur existence ou leur valeur. Simplement j'exprime ma conviction selon laquelle leur inscription dans la Constitution n'est pas une chose qui soit utile ou souhaitable.

On précise déjà depuis 2003 que l'organisation de la République française est décentralisée, pourquoi rajouter que certaines régions de France ont une partilarité linguistique ? Et, dans cette optique, pourquoi ne pas inscrire que « Les paysage des régions de France, dans leur pluralité et leur diversité appartiennent au patrimoine de la Nation. La République les protèges. » ? Et puis les caractéristiques architecturales ne devraient-elles pas apparaître aussi dans la Constitution de telle sorte que l'on soit bien sûr de les préserver de toute atteinte malveillante ?

Les langues réginales sont sans aucun doute une richesse culturelle immense. Simplement, je ne crois pas qu'il soit du ressort de la Constitution de défendre cette richesse, comme il n'appartient pas à la constitution de défendre les joyaux d'architecture qui se trouvent dans notre beau pays ou toutes les espèces animales qui sont tragiquement en voie de disparition. Il y a les bâtiments de France, la SPA, WWF... On pourrait aisément imaginer un organisme chergé d'organiser la défense et la promotion des langues régionales. Il faut faire la part des choses et laisser la Constitution jouer pleinement son rôle, et seulement son premier rôle.

jeudi 17 avril 2008

Alors messieurs les sénateurs... on se décide ?

L'approche des sénatoriales agite les memebres de la chambre haute. Et dans cette saga des "je t'aime, moi non plus", les centristes battent des records ! Il faut dire que la situation de leur famille porte à l'agitation... Deux partis, deux stratégies, une idéologie, on ne sais pas vraiment où donner de la tête. Et jusqu'à présent, entre le MoDem et le Nouveau Centre, c'était 1 partout. Le MoDem avait emporté les militants et l'opinion, le Nouveau Centre les élus et les ministères... Mais dans la dense du ventre actuelle, on assiste peut-être au renversement de la situation.

"Je veux faire revivre l'UDF", a réaffirmé le sénateur Jean Arthuis, en annonçant qu'il quittait le Mouvement Démocrate (MoDem), selon lui dans une "impasse stratégique". La semaine dernière, le député européen Thierry Cornillet a lancé une pétition demandant un "congrès de renaissance de l'UDF", et espère recueillir "une centaine de signatures de grands élus". Depuis le lendemain des municipales, très difficiles pour le MoDem, M. Arthuis réclame une réunion rapide du comité directeur de l'UDF.

"Je veux faire revivre l'UDF"

La date de cette réunion a été "fixée au mercredi 16 (avril) à 18h00, en plein accord avec Michel Mercier", président du groupe centriste au Sénat, a indiqué lundi M. Bayrou. On saura donc aujourd'hui ce qu'il en est...

Le Congrès de décembre, qui a entériné la naissance du MoDem, avait désigné un bureau d'une vingtaine de membres pour veiller sur "les intérêts juridiques, matériels et moraux" de l'UDF, pendant une période transitoire de trois ans. Cette conservation était cependant apparut aux yeux de certains comme une "manoeuvre" visant à s'assurer un maximum de financements publics.

Au Sénat, le groupe de 30 centristes, dont 10 siègent au bureau exécutif du MoDem et cinq sont au Nouveau Centre, a d'ailleurs gardé le nom UDF.

M. Bayrou a cependant écarté tout retour au passé. "Je ne reviendrai en rien en arrière, je ne cèderai rien", a-t-il déclaré dimanche dans le Grand rendez-vous Europe1-TV5-Le Parisien.

Le Nouveau Centre se félicite bien-sûr des derniers développements. "S'engager dans une bataille juridique" pour reconstituer l'UDF, récupérer ses locaux et son financement, serait "juste", mais "ce serait une procédure très longue", souligne le député Maurice Leroy, futur porte-parole national, qui préfère inviter les déçus du MoDem à rejoindre le NC.

Si M. Arthuis exclut cette option, il n'écarte pas un rapprochement avec les 23 députés du NC. Il comptait parmi la vingtaine de sénateurs centristes qui ont participé la semaine dernière à un dîner organisé au ministère de la Défense par le président du parti Hervé Morin, avec deux autres ministres NC, André Santini et Valérie Létard. Ces derniers ont récemment redoublé d'effort pour mobiliser les sénateurs centristes à leur cause.

Il y a été décidé que "les parlementaires du groupe UDF au Sénat et du Nouveau Centre travailleront ensemble sur des sujets concrets, comme la réforme des institutions", a indiqué M. Mercier.

Ce dernier, qui est trésorier du MoDem et aurait refusé un poste de secrétaire d'Etat dans le dernier remaniement, a lui aussi pris ses distances avec l'ex-candidat à la présidentielle, sans toutefois quitter le mouvement.

Certains centristes se demandent cependant si les élections de septembre au Sénat ne lui donneront pas l'occasion de couper les ponts avec M. Bayrou. Ce qui risquerait d'accélérer l'éloignement des sénateurs, avec à la clé un enjeu financier: le MoDem touche cette année quelque 1 million d'euros au titre du financement public lié à ses sénateurs.

Affaire à suivre donc, même s'il ne faut pas oublier selon moi, que beaucoup de sénateurs ne se sont pas prononcés sur la question et ne sembles pas vraiment enclain à quitter Bayrou...

mercredi 9 avril 2008

Nous sommes des victimes responsables !

J'ai récemment réagit à une note de LFDB du fond du bocal. Il demandait la vision que l'on avait d'un parti libre. J'avais exposé ma vision, expliquant les raisons de mon adhésion au Nouveau Centre (précisant que j'étais déçu du léger manque de liberté dans le ton de notre terrible président). Il m'a alors répondu qu'il refusait de rejoindre le Nouveau Centre dans sa forme actuelle qui n'était qu'un parti "de réfugiés qui n'ont fait que recopier les idées du programme de Bayrou." Je lui ai donc répondu en ces terme :

Je tiens à rappeler une petite chose. Le programme de Bayrou, ou plutôt celui de l'UDF a été rédigé par d'autres que lui, en concertation avec lui...

La partie concernant le social, c'est Valérie Létard, la partie économique, c'est Chrisitan Saint Étienne (cf. l'excellent "La troisième voie et François Bayrou, le texte fondateur" chez scali)... Je ne vais pas tous les citer et ceux-ci ne sont que des exemples. Bourlanges me revient pour partie du programme concernant la politique européenne.

Tout cela pour dire que la plupart des rédacteurs du programme de Bayrou en 2007 ne sont plus au MoDem, voire sont au Nouveau Centre... On ne copie pas, on prend légitimement ce qui est à nous.

Pour ce qui est de la réélection des députés, rien n'était assuré... Et ce n'est pas l'unique raison pour laquelle la cassure a eut lieu. Cela vient d'un désaccord stratégique majeur. Ils n'adhéraient pas et ne croyaient pas à la stratégie de François Bayrou et n'avaient donc aucune raison de le suivre. En somme, leur but n'était pas de la voir fonctionner.

Pour finir, la situation du centre. Si tu as lu Thierry Cornillet, tu dois savoir que la perte d'influence du centre sur la politique française a déjà plus de 10 ans... Elle a commencé avec Bayrou ! La situation actuelle est le fruit d'une politique de destruction consciencieuse de l'UDF depuis 1996.

Ses ex-ami sont des victimes responsables... Victimes de la destruction programmée de leur partie et de leur fidélité à Bayrou (ils étaient de ces "bédoins"). Et responsable en ce sens qu'ils étaient cadre du parti et ont donc participé aux choix qui nous on conduit ici...

mardi 8 avril 2008

Jean-Christophe Lagarde dépasse Morin !


Je sais que les sondages ne sont pas des instruments très fiables. Je sais aussi parfaitement que celui-là fait parti de ceux auxquels on n'accorde aucune crédibilité. Je sais que son origine fait qu'il est peu représentatif mais soit... Il nous révèle, dans les tendances, bien des choses.

Sur le blog de Bob (blog roll à droite dans "les blogs que j'aime") longtemps considéré comme la référence du blog Nouveau Centre. Ainsi, à la question "quel leader serait en mesure de rassembler tous les centristes au sein d'une formation unique ?" voilà les réponses possibles et les résultats :

[1] François Bayrou : 18,8%
[2] Jean-Louis Borloo : 37,5%
[3] Hervé Morin : 18,8%
[4] Jean-Christophe Lagarde : 25%
[5] Christian Blanc : 0%
[6] Laurent Wauquiez : 0%
[7] Dominique Stauss-Kahn : 0%

On remarque d'abord le score important de monsieur Borloo, Président du Parti Radical-Socialiste dit "Valoisien". A priori, sa position externe à tout les conflits MoDem-NC l'emporte sur son encrage clair au centre droit. L'important est de se rappeler que les valoisiens ont une préoccupation sociale et européenne qui fait d'eux de véritables centristes, même si dans l'histoire, ils ont toujours penché à droite.

Ensuite, les positions de Bayrou et Morin. Ils en sont tout deux au même point avec 18,8%. Eux souffrent de leur position actuelle de dirigeant. L'adage de l'usure du pouvoir semble se confirmer. En effet, quel modémiste voudrait se voir sous la direction d'Hervé Morin et à l'inverse, quel néo-centiste ou quel radical retournerait sous le giron d'un Bayrou qu'ils ont tous lâché. Le future d'une famille centriste unie ne passera donc visiblement pas par eux. Ou du moins, ils n'auront pas la place du chef...

Pour finir, le cas Jean-Christophe Lagarde. Avec ses 25%, il se détache et se place en deuxième position, devant le duo des présidents. Autant vous dire qu'en ce qui concerne la présidence du Nouveau Centre, monsieur Morin avait des raisons de se méfier de la candidature du dauphin de Drancy. Le jeune dynamique rassemble et il est claire qu'il a de quoi. J'attendrais plus longtemps pour procéder à une analyse plus en profondeur, de manière à attendre des résultats plus représentatifs.

jeudi 27 mars 2008

Prémice d'une union des centres au MoDem ?

Pas question de crier «haro sur le Bayrou» pendant la réunion du bureau exécutif du Modem, qui s’est tenue hier soir au siège du parti, à Paris. Le mot d’ordre avait été lancé la veille par le dernier carré des fidèles du député des Pyrénées-Atlantiques. Il a aussi été repris par les plus critiques, malgré les revers électoraux du Modem aux municipales et la défaite de son leader à Pau. «Comme d’habitude, quelques-uns vont faire "bouh-bouh" puis les choses vont se tasser très vite», ironise Jean-Luc Bennahmias, habitué à des prises de bec politiques autrement plus vives chez les Verts, son ancienne formation.


Même les sénateurs centristes, toutes chapelles confondues, réunis mardi pour un déjeuner de rentrée parlementaire surtout consacré au paysage post-municipales, n’ont pas donné le signal de la fronde.


«Il y a aujourd’hui besoin d’un centre réunissant tous les centristes, de droite comme de gauche», précise le sénateur et président du conseil général du Rhône, Michel Mercier. Ce fidèle de François Bayrou, trésorier du Modem, réclame «une stratégie d’alliance claire et pas au coup par coup, comme cela s’est passé pendant les municipales, dans une sorte de tohu-bohu généralisé». Ce pilier de la maison Bayrou prône également un rapprochement avec les députés du Nouveau Centre, qui regroupe les ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, pour un travail parlementaire commun qui pourrait se concrétiser lors du débat sur les institutions. «La question de fond qui nous est posée, résume Jacqueline Gourault, sénatrice du Loir-et-Cher, est de savoir si l’on veut un centre indépendant ou non, et avec quelles alliances.»


Seul Jean Arthuis, sénateur de la Mayenne, rêve d’un retour aux heures bénies de la défunte UDF, mise en sommeil pour trois ans lors du congrès fondateur du Modem, fin 2007. Il propose de réunir le comité directeur de l’ancienne formation giscardienne pour rassembler la famille centriste plus éparpillée que jamais. Jean Arthuis ne se voit pas «rester dans un mouvement à ce point désorganisé et erratique. Les seules villes gagnées par le Modem l’ont été grâce à des alliances passées avec la droite». Mais il pense, comme d’autres, que l’avenir du centre passe par un rapprochement avec le Nouveau Centre, qui tiendra son congrès fondateur en mai, à Marseille.


Même les nouveaux convertis, arrivés au Modem dans le sillage de la présidentielle, dénoncent «un mode de gouvernance concentré entre deux personnes : François Bayrou et Marielle de Sarnez», tête de liste du parti lors des municipales à Paris. «Il faut mettre sur pied une organisation qui tienne la route quotidiennement, avec une direction plus collégiale et un programme beaucoup plus construit», réclame Corinne Lepage, présidente de Cap 21, organisation cofondatrice du Modem. «Après ces résultats, certains d’entre nous se demandent quel rôle peut encore jouer le Modem dans la vie publique et surtout quel sera le rôle de Bayrou en 2012», confie l’un des responsables du Modem. Mais de cela, hier soir, il ne devait pas être question.


On peut donc remarquer deux choses : le MoDem ne se divise pas (mais vu le nombre qu'il reste, ils ne peuvent être que d'accord entre eux), et est favorable à un rapprochement avec les centristes de la majorité rassemblés au Nouveau Centre. De plus, les points communs entre le MoDem et le Nouveau Centre se multiplient :

1. les programmes sont semblables (chacun ayant reporté le programme de l'UDF, le Nouveau Centre se justifiant par l'appartenance à ce mouvement de la plupart des rédacteur de ce dernier et le MoDem revendiquant la possession de la structure juridique de l'UDF),

2. les deux formations regrettent l'UDF (en même temps, si les résultats de chacun sont relativement encourageant pour de jeunes formations, les deux ajoutées n'arrivent pas au niveau de la défunte et regrettée Union pour la Démocratie Française),

3. les deux partis ont intérêt à faire front commun pour négocier la réforme des institutions et obtenir l'insertion d'une dose de proportionnelle,

4. les militants, d'un côté comme de l'autre, souhaitent un rassemblement des centristes.


Maintenant, il faut savoir comment chacune des deux formation va engager se rapprochement et amorcer un dialogue après s'être déchiré pendant une année durant. Aussi, les conditions de ce rapprochement sont encore inconnues, tout comme la forme que prendra ce dernier. Dialogue, coopération, union parlementaire (qui supposerai, ou l'entrée du MoDem dans la majorité, ou la sortie du Nouveau Centre de celle-ci, deux hypothèses peu probables), collaboration dans la formation d'un programme, alliance électorale ? Dans quelles conditions ? Parité, prises des décisions au prorata du nombre de militants, de députés ? Qu'en pense le Nouveau Centre ? Autant de questions qui restent pour le moment en suspend.


Pour ma part, je pense qu'il faut renouer le dialogue progressivement, et pourquoi pas, viser à la résurrection de l'UDF qui n'est suspendu, rappelons-le, que pour tois ans. C'est en tout cas un espoir d'union des centres et une chance qu'il faut saisir. Ma question est : que fait-on pour 2012 ?

mardi 18 mars 2008

Ne nous divisons pas, construisons notre avenir !


Après les municipales qui ont vue l'effondrement du centrisme arrivé extrêmement divisé dans la bataille, les petites phrases fusent entre les leaders des deux principales formations, à savoir ne Nouveau Centre et le MoDem. Chacun appelant les déçus de chez l'autre à rejoindre son mouvement, mettant en exergue les défaites symboliques des "camps adverses." Évènement.

Hervé Morin et les déçus du MoDem...

Le président du Nouveau Centre (NC), Hervé Morin, qui avait quitté François Bayrou dans l'entre-deux-tours de la présidentielle a appelé lundi les «déçus» du MoDem à rejoindre son parti, après «l'échec absolu» de Bayrou aux municipales. «Nous appelons toutes celles et tous ceux qui estiment qu'il y a besoin d'un centre modéré, d'une famille politique qui tempère, qui est profondément européenne, qui se veut libérale et aussi juste, à nous rejoindre», a-t-il déclaré.

Notons que Jean-Marie Cavada se veut lui aussi le rassembleur des modémistes égarés avec la très fameuse "Alliance des citoyens pour la démocratie". Tout comme Gilles de Robien, dont je pleur la défaite à Amiens, était depuis 2002 déjà, l'instigateur du premier mouvement de rassemblement des dissidents à la politique d'éloignement de l'UDF par rapport à son partenaire UMP menée par François Bayrou. Société en Mouvement était même favorable à une intégration de l'UDF à l'UMP.

L'un comme l'autre n'ont pas réussit leur pari, que ce soit au niveau de leur formations respectives restées infiniment confidentielle ou de leur élection puisqu'ils sont l'un comme l'autre, et c'est regrettable, battu assez largement. On peut donc constater que ces stratégies de récupérations ne sont pas porteuses de succès. Nous ne devrions donc pas nous abaisser à cela...

Bayrou réplique !

Bien entendu, Bayrou n'allait pas se laisser faire ! Et dans un élan indescrptible d'imagination et de créativité, Bernard Lehideux, député européen du MoDem, a répliqué, lundi, en appelant tous les «déçus» du Nouveau centre à rejoindre le Mouvement démocrate, «après les lourds échecs de leurs candidats notamment à Amiens avec Gilles de Robien, à Blois avec Nicolas Perruchot ou à Caen avec Luc Duncombe». Dieux que tout cela est convaincant ! Quittez votre navire, il coule ! Venez donc sur le notre... qui prend l'eau de façon tout à fait spectaculaire.

Mieux encore, le sénateur de Mayenne va demander à François Bayrou «de convoquer les instances dirigeantes d'urgence», celles du MoDem mais aussi celles de l'UDF qui, selon les décisions du congrès de Villepinte, «existent toujours juridiquement». Dans la même veine, le député européen Thierry Cornillet (qui a au passage qualifié de «suicidaire» la stratégie de François Bayrou, qui, selon lui, «sacrifie ses élus pour une chimère présidentielle») a annoncédès dimanche soir son intention de créer un courant de centre droit au sein du MoDem. Ici aussi, on crée des formation pour récupérer militants et électeurs de l'adversaire... Inspiration quand tu nous tiens pardi !

L'UMP n'est pas en reste...

La formation présidentielle qui se voulait à sa création "un grand rassemblement de la droite et du centre" (mais qui n'a finalement été qu'une formation de droite élargie au centre par les premiers ayant compris l'impasse dans laquelle s'enfonçait Bayrou) a bien perçu qu'elle n'avait pas réussit à mobiliser sur ses listes l'électorat centriste. Constat qui lui coûte dans l'ouest généralement d'obédience plus modérée.

Aussi a-ton pu entendre qu'il y a "une UMP centriste de l'Ouest à créer." M. Méhaignerie réfléchirait, avec Jean-Pierre Raffarin et Ambroise Guellec, député européen et conseiller régional de Bretagne, à une sorte de CSU (la branche bavaroise de l'Union chrétienne-démocrate allemande) pour le Grand Ouest. "Cet électorat centriste peut revenir vers l'UMP si elle montre qu'elle est capable d'héberger en son sein une véritable aile centriste." affirme-t-il.

Il souhaite viser avec cette structure régionale le "fond démocrate-chrétien important restant". Un électorat convoité donc, mais qui risque d'être de plus en plus désorienté par la multitude de l'offre. Or, ce n'est pas en nous divisant et en travaillant chacun de notre côté que nous pourront faire gagner notre famille politique. Nous sommes plus divisés et aigri que la gauche ! Relevons-nous, agitons le drapeau blanc et laissons les rancœurs au placard pour rassembler cette masse de force qui a déjà su tant faire.

Comment cette famille , notre famille a-t-elle pu tomber si bas ?

Notre famille a su faire le choix de la Résistance, notre famille a largement contribué à la reconstruction du pays dans les années 50, notre famille a inventé patiemment et sans relâche une Europe politique, notre famille a libéré la société française de son carcan sociétal conservateur dans les années 70, notre famille a su réunir pendant des décennies parmi les plus belles mécaniques intellectuelles de la classe politique et parmi les plus intègres...


Comment cette famille , notre famille a-t-elle pu tomber si bas ?


Espérons que les centristes ont, à cet instant, atteint le fond du gouffre. Mais aurons-nous les moyens de remonter à la surface ? Il est permis d'en douter

dimanche 23 décembre 2007

Mais que va-t-il rester ?

Encore une série de défections au MoDem. Il semblerait que le MoDem parisien de Marielle de Sarnez soit le plus touché par ces départs anticipés. Après Cavada et Benoît, le parti de Bayrou n'en fini plus de compter "traîtres". Récit.
C'est lors du congrès fondateur que le député UDF-MoDem de Liffré-Fougères Thierry Benoît a annoncé de la tribune à François Bayrou que "leur chemins allaient se séparer" et "qu'il n'adhèrerait pas au nouveau parti." Plus tard, Jean-Marie Cavada officialisait son départ en indiquant avoir épuisé "tout les recours de la loyauté" et affirmant sa volonté de créer une structure politique pour accueuillir les militants déçus du MoDem.

Ces deux départs se sont avérés d'autant plus difficiles à accepter pour les (deux) dirigeants du MoDem qu'ils se sont accompagnés de ralliements succéssifs aux dépends de la formation très personnelle de François Bayrou. En effet, Thierry Benoît a profité du premier Conseil national du Nouveau Centre pour annoncer qu'il rejoidrait le groupe de François Sauvadet à l'assemblée nationale alors que Cavada conduira pour sa part une liste d'ouverture UMP dans le douzième arrondissement de Paris aux municipales.
Mais au cas ou cela n'aurai pas suffit à décourager l'héroïque Marielle et le chevaleresque François, d'autres annonces ont été faites récemment. L'économiste Christian Saint-Etienne a annoncé mardi 18 décembre son départ du Mouvement démocrate (MoDem), dénonçant l'"instrumentalisation" du parti en vue de la présidentielle de 2012 et le "manque de transparence" à Paris. Et même s'il assure n'avoir rencontré ni Tibéri, ni Panafieu, certaines sources affirment qu'il sera troisième sur la liste de monsieur Tibéri. Aussi, si l'avocat Mario Stasi assure que "rien n'est fait", tandis que l'eurodéputée Claire Gibault dit que "ça n'est pas d'actualité", leur départ semble être d'ores et déjà anticipé au sein du MoDem. Le premier aurait été convaincu par le Nouveau Centre, tandis que la deuxième cotoie M. Cavada au Parlement européen. Le Nouveau Centre affirme aussi avoir convaincu Olivier Mousson, ex-candidat MoDem aux législatives dans le XVIIè arrondissement, de le rejoindre, après l'apparentement de Pierre Lang (ex-UMP) il y a quelques jours.

Ces départs sont de mauvaise augure pour le MoDem qui peine à trouver suffisement de personnes pour former ses listes parisiennes pour les municipales. Stasi, Gibault et Mousson font effectivement partie des ex-candidats MoDem sur lesquels Mme de Sarnez aurait pu s'appuyer pour constituer ses listes. Cavada lui, sera candidat sur une liste concurrente dans un arrondissement stratégique pour la conquête de la mairie. Cela aura certainement jouer sur le fait que la chef de file du MoDem parisien remette à janvier la publication des fameuses listes initiallement prévue pour décembre.

Pour ce qui est de Saint-Etienne, la pilule est difficile à avaler en ce sens qu'il est un économiste qui avait participé à la rédaction du programme économique de l'ex-candidat à la présidentielle François Bayrou. Il avait aussi été l'auteur du livre "La troisième voie de François Bayrou, le texte fondateur." Cela accentue la fait que la légitimité de celui-ci à revendiquer le programme des présidentielles de 2007 s'en trouve encore un peu entamée. Il faut dire qu'avec la création du Nouveau Centre il n'en avait déjà plus beaucoup.

mercredi 5 décembre 2007

Concentrons-nous !

L'UDF est morte donc, comme je vous l'ai dit dans les précédents articles. Cela étant dit, on peut avoir toutes les rancœurs que l'on veut. En revanche, ce n'est pas dans cet esprit revanchard que nous avancerons. Au contraire, il faut dès à présent accepter de tourner une page et de se projeter dans le futur. Du passé ne faisons pas table rase mais avec le future soyons en phase. C'est dans cette optique que je me joins aux nombreux appels de rassemblement centriste parmi lesquels celui de Gilles de Robien (Société en Mouvement) ou encore celui d'André Santini (Nouveau Centre).

"Il [Bayrou] a réussi l'exploit de transformer un parti politique qui avait plus de parlementaires que le RPR en 1988 en un parti qui n'en a plus aujourd'hui que deux" affirme monsieur Morin qui estime que "le Modem de François Bayrou est devenu un radeau de la Méduse au service d'une dérive personnelle totale". Cela est vrai j'en convient parfaitement. Mais recenser et référencer les problèmes de nos voisins modémistes n'est pas ce qu'il y a de plus efficace lorsqu'il s'agit de faire en sorte que le Nouveau Centre, formation composée d'ex-UDF ralliés à Nicolas Sarkozy, "puisse exister de façon autonome" en s'appuyant sur "la famille de centre ou centre-droit", "qui a toujours existé en France depuis deux siècles au moins".

Car comme me l'a si gentiment fait remarquer Quittrie Delmas (a qui je souhaite demander ce qu'elle pense des votations à mains levées des amendements "des militants") il ne s'agirait pas de s'égosiller à critiquer le MoDem à qui j'ai donné trop d'importance dans ce blog et ne plus pouvoir parler au moment de réorganiser ce qui a été détruit par Bayrou.

Certain l'on bien compris et pensent déjà à la suite à donner quant à l'organisation de la famille centriste.

Gilles de Robien, lors d'une réunion sur le thème "Porter les valeurs du Centre dans la nouvelle majorité ?" de son club politique "Société en Mouvement" a appelé à une "confédération de la famille centriste éclatée." Il a d'ailleurs commencé en invitant à ce rassemblement des personnalités des divers centres comme Bockel (Gauche Moderne), André Santini (Nouveau Centre), Borloo (Parti Radical Valoisien).

« Qu’attendez-vous pour vous mettre ensemble ? Qu’attendez-vous pour créer une confédération du Centre, du centre droit et de la gauche moderne, qui respecte les sensibilités, les formations mais qui crée enfin une vraie dynamique de l’action et pèse véritablement sur la vie politique française ?». « Ce n’est pas difficile » a-t-elle ajouté, « cela peut se faire très vite. C’est une question de volonté. Celle de faire taire les esprits de chapelles et les ambitions personnelles qui paralysent ».

Frédérique Dumas conseillère régionale et vice-présidente de Société en Mouvement



André Santini a de son côté prôné pour un Grenelle du centre, qui réunirait, de Bockel à Borloo, en passant par Robien ou Cavada, tous les centristes qui soutiennent Sarkozy et dont l'objectif serait de proposer un rassemblement ouvert de tous les sociaux-démocrates et démocrates-chrétien.

Le Nouveau Centre invite à participer au premier conseil national du Nouveau Centre consacré à la préparation des élections municipales et cantonales de mars 2008, qui aura lieu le dimanche 16 décembre 2007 de 9h00 à 13h30 à la Maison de la Chimie, 28, rue Saint Dominique – 75007 Paris. Il sera l'occasion de sceller notre inscription claire dans la majorité présidentielle tout en préparant l'avenir de notre mouvement.Le Parti Radical Valoisien et le Parti Radical de Gauche renouent les liens rompus lors de l'adhésion d'une partie du plus vieux parti politique français au programme commun de François Mitterrand. Ils souhaitent "fermer la parenthèse" de la séparation et redevenir une force centriste de proposition et de modération.

L'urgence de mettre en œuvre ce rassemblement est bel et bien là ! Il nous faut nous préparer pour les échéances futures et plus largement pour le futur lui-même. Car l'organisation et le rassemblement d'une famille politique comme celle du centre est un long travail qui demande de la préparation, qui suppose de l'ambition et qui se fait laborieusement et progressivement. Si nous voulons proposer aux français une ligne politique et un projet de société honnête, cohérent et consistant, si nous voulons être audibles nous n'avons plus une minute à perdre ; il nous faut dès maintenant unir nos voix et nous mettre au travail. Alors Concentrons-nous !

mardi 4 décembre 2007

Les élus ne sont pas les seuls déçus...


Témoignage de Luc, militant MoDem de 24 ans à la suite du congrès constitutif du Mouvement Démocrate :

"C'est mal : j'ai sé
ché la matinée de ce dimanche du congrès du MoDem. J'ai bouffé du Bayrou hier de 11 heures du matin à 20 heures du soir, je suis en overdose. Congrès du Mouvement Démocrate donc. J'en reviens tout d'abord avec une déception : celle de n'avoir pu faire autant de vidéos que j'aurais souhaité.

J'en reviens surtout avec un goût amer. Celui d'appartenir à un mouvement démocrate guère démocratique. Je n'ai cessé de dire hier que ce congrès ressemblait à un congrès du PC du début des années 80. François Bayrou en Georges Marchais. Ce Parti Communiste qui commençait à perdre son influence et donc verrouillait tous les organes. Ce MoDem, dont les fuites effraient les habitants du "Château", les bureaux de Marielle de Sarnez et de François Bayrou. Et le siège du MoDem qui cloisonne tout, qui se retranche seul dans sa forteresse pour mieux vérouiller et contrôler.

"François Bayrou en Georges Marchais."


Un Bayrou glorieux président d'un mouvement aux pratiques soviétiques. Imaginez : le vote de 83 amendements à mains levées. Vote de ces amendements seul intérêt de ce congrès. Et chaque fois que des minoritaires soutenaient et levaient la main pour soutenir une proposition, forcément l'on pouvait les dévisager. Le vote des amendements, c'était un défenseur de cet amendement au bas de la tribune, ayant 1mn30 pour l'expliquer. Ensuite François Bayrou tout puissant donnait sa consigne de vote. François Bayrou, sur la tribune, entouré de ses lieutenants, quasiement le seul à parler. Et forcément une salle de militants groupies qui suivait à chaque fois les consignes du Dieu Bayrou. François Bayrou qui n'hésitait pas à prendre la parole plus de 5mn pour convaincre la salle. Et toujours les mêmes arguments pour obtenir le blanc seing de ses fans : il ne veut pas de tel ou tel amendement car "dangereux pour la cohérence du mouvement" ou ne "représentant pas les valeurs démocrates communes qui sont les nôtres".

"En résumé, cela se passait comme cela : Monsieur X est appelé en bas de la tribune. Monsieur X présente pendant 1mn30 son amendement aux statuts. Ensuite François Bayrou prenait la parole et annonçait : moi François Bayrou, votre maître suprême je vote pour ou contre, vous petits militants suivrez mes recommandations. Sinon mécréants êtes-vous."


Pathétique. La facette Hugo Chavez a été d'abord évoqué par un journaliste en salle de presse. Il n'était alors que 16 heures environ, et cela ne faisait que cinq heures que François Bayrou trônait en tribune. Cela durera encore quatre heures supplémentaires. Imaginez : neuf heures de François Bayrou. Du Bayrou en avocat pour soutenir un amendement, du Bayrou en procureur pour rejetter un amendement. Du Bayrou ensuite en passeur de plats pour les débats thématiques. Du Bayrou en orateur pour son clôture d'ouverture. Et au final de la tristesse : le duo François Bayrou - Marielle de Sarnez ne fait donc confiance en si peu de personnes. Et dire que le président du MoDem se déclarait contre la personnification du pouvoir. Rires jaunes. Personne d'autre ne doit émerger au MoDem, car tout ce qui pourrait prendre la lumière risquerait de faire de l'ombre à François Bayrou.

"Le duo François Bayrou - Marielle de Sarnez ne fait donc confiance en si peu de personnes"


Je ressors de ce congrès triste, amer et déçu. Heureusement, la soirée sera agréable. Avec [d'autres militants] nous fuyons le dîner organisé au parc des expositions, pour décompresser avec rires et fracas dans un japonais. Heureusement aussi, j'aurais rencontré de nombreuses personnes passionnantes. Heureusement, j'aurais fait la connaissance de blogueurs provinciaux dont je lis les blogs, enfin rencontrés dans la vrai vie.

Au MoDem, on vous dira que ce congrès fut un merveilleux exercice de démocratie, les militants ayant écrit et voté leurs propres statuts. Certains ferment leur gueule juste pour obtenir une investiture. D'autres sont des groupies aveugles.

Au MoDem, on vous dira que Bayrou n'est pas seul. Je continue de penser que toutes les décisions sont prises à deux, et que le pire défaut de François Bayrou, c'est Marielle de Sarnez.

Malgré mes critiques virulentes, à chaud, je reste au MoDem. Pour un temps. J'ose espérer que les choses vont évoluer. Que la base va réussir à imposer ses conditions. Qu'avec certains militants, nous réussirons à passer outre le siège pour réfléchir, proposer et construire quelque chose de nouveau. Maintenant que les statuts sont votés, deux sujets me semblent d'une importance considérable. Le programme, quel projet sera le nôtre, pour les prochaines échéances. Et également les alliances, avec qui nous allons nous retrouver."

(article parut dans "Ma vie en narcisse", le blog de Luc, militant MoDem de 24 ans)
http://777socrate.blogspot.com/

dimanche 2 décembre 2007

L'UDF est décédée !


Vendredi 30 novembre 2007, François Bayrou convoque le congrès constitutif a l'occasion duquel les militants UDF auront à se prononcer quant à une motion faisant de ce parti de CENTRE DROIT créé en 1978 par Valéry Giscard d'Estaing un membre fondateur du MoDem. Avec 36 voix contre et 8 abstentions sur 1500 militants présents, elle fut adoptée à une large majorité. Mais si dans les apparences, tout parait idyllique, dans les faits, cela n'est pas vraiment le cas.

«Ce n’est pas forcément la solution qui me convenait le mieux. J’aurais préféré une structure fédérale, mais bon, l’essentiel est préservé», se satisfaisait Didier Bariani, conseiller de Paris. On notera que le fait que la formation centriste qualifiée de "vieille terre" par le sénateur du Rhône, Michel Mercier gardera pour trois ans encore un bureau de vingt à trente personnes chargés de préserver ses intérêts moraux, juridiques et matériels. Cela satisfait ceux qui, encore au MoDem, avaient fait part ces dernières semaines de leur perplexité quant à la disparition de l'UDF.

Cette manœuvre est aussi nécessaire pour permettre au MoDem de bénéficier des financements publics comme le souligne le sénateur Jean Arthuis qui avait lui aussi plusieurs fois exprimé sa crainte quant à la disparition de l'UDF.

Mais le maintient de cette ancienne structure n'aura pas suffit à retenir ni Jean-Marie Cavada qui conduira une liste UMP d'ouverture au municipales de 2008 dans le 12è arrondissement de Paris ni Thierry Benoît, député d'Ile-et-Vilaine qui, comme je l'annonçais récemment, n'a pas adhéré à la nouvelle formation de François Bayrou.
«Je t’avais dit, François, que nos chemins allaient se séparer le jour du congrès constitutif du Modem. Je te dis salut, pas adieu, parce que je pense que nous avons vocation à nous retrouver» a-t-il lancé avant de quitter la salle.

Je tiens à dire que je pense exactement la même chose que monsieur Benoît : si mon chemin, comme celui de beaucoup de militants UDF, s'est singulièrement éloigné de celui de monsieur Bayrou, je suis convaincu que nos chemins ont vocation à converger un jour que nous espérons tous proche vers une famille centriste unie. C'est en cela aussi que je me sent proche du club politique de Gilles de Robien "Société en Mouvement" qui a réunit il y a peu de temps plus de 650 personnes convaincues de la nécessité de la création d'une confédération centriste.


"Je suis convaincu que nos chemins ont vocation à converger un jour que nous espérons tous proche vers une famille centriste unie"


Du côté des militants UDF historiques, la pilule passe, mais avec un regain d'attention quant à la tournure que va prendre cette avanture. «On se pose quand même des questions sur l’avenir, et surtout, on ne veut pas perdre l’identité de l’UDF. François Bayrou fait un peu cavalier seul. Le Modem à la sauce béarnaise, c’est de toutes les couleurs. S’il continue à s’isoler, ce sera sans nous» a lancé une congressiste.

Enfin, du côté des députés, ce n'est pas un mystère, bon nombre ont déjà rejoint le Nouveau Centre et Thierry Cornillet, député européen, a mis en garde contre la probable fuite programmée des élus locaux. «Je suis aussi très attaché aux stocks d’élus et de militants issus de l’UDF qui, je le crains, vont partir. Sans eux, tu n’aurais pas fait ton score à la présidentielle. Et puis il est normal que des gens soient fidèles à des alliances de centre-droit qui leur ont permis de décrocher un mandat. Prenons garde de ne pas saborder notre famille. Nous pourrions en avoir besoin pour survivre» a-t-il dit a monsieur Bayrou.


"François Bayrou fait un peu cavalier seul. Le Modem à la sauce béarnaise, c’est de toutes les couleurs. S’il continue à s’isoler, ce sera sans nous"


Saluons tout de même la création pour le moins audacieuse d'un nouveau parti politique au centre de la vie politique alors même que nous savons tous combien il est difficile de se maintenir sur ce crédo dans l'état actuelle des choses. La suite nous dira si la théorie du ni-ni paiera et si cela n'est pas qu'une passe d'arme faisant du MoDem une force d'appoint de la gauche plutôt que la force de coopération de la majorité à un moment où le PS en déliquescences perd ses troupes et notamment le PRG de plus en plus proche du PRV.

jeudi 29 novembre 2007

Le centre en mouvement !


Société en Mouvement, club de réflexion politique fondé par Gilles de Robien, seul ministre UDF de 2002 à 2007, s'est prononcé mercredi pour une "confédération" pour réunifier la famille centriste éclatée.

Cet "antidépresseur" pour la démocratie revendique 2.000 adhérents. Il a affirmé mercredi à l'occasion d'un grand débat sur le thème : "Porter les valeurs du Centre dans la nouvelle majorité ?" où étaient notamment présent Jean Dionis du Séjour, Jean-Louis Borloo, André Santini, Jean-Marie Bockel et d'autre figures du centrisme qu'il était favorable à la constitution d'une confédération pour réunifier toutes les formations centristes.

Car depuis le lendemain du 22 avril 2007, la famille centriste s'est dispersée de façon vertigineuse. A gauche, Bockel crée "Gauche Moderne" ; au centre, Bayrou crée le "Mouvement Démocrate" ; au centre droit, les ex-UDF ralliés à la majorité présidentielle fondent le "Nouveau
Centre" et enfin, les Radicaux prônent la rupture avec les partis tuteurs et le rapprochement, mettant en place une formation plus centriste que d'ordinaire. Tout cela sur un segment politique déjà encombré et divisé en de nombreuses entités comme "Initiative Economique et Sociale","Aujourd'hui Autrement", "Alternative Libérale" et bien d'autres encore.

Gilles de Robien a donc appelé à un rassemblement dans le cadre d'un débat constructif visant à la création d'une confédération réunissant la famille centriste. Je soutiens tout à fait cette vision et ce projet et réaffirme mon attachement au cercle de réflexion "Société en Mouvement" auquel je compte adhérer en 2008.

Un de moins !

Benoit-Bayrou, c'est fini. Contrairement à son ami Jean Arthuis (Ouest-France d'hier), Thierry Benoit, pourtant élu en juin dernier député de la sixième circonscription Liffré-Fougères sous l'étiquette UDF-MoDem, n'adhérera pas au Mouvement des démocrates qui doit être officiellement créé début décembre à Paris.

« Je ne le porterai pas sur les fonts baptismaux, nous a indiqué hier Thierry Benoit. Il y a un mois j'ai écrit une lettre à François Bayrou en lui indiquant que nos chemins allaient se séparer. »

Le 30 novembre, lors du congrès du parti centriste démocrate-chrétien, il plaidera « pour la survie de l'UDF ». Et si celle-ci résiste à la création du MoDem, il deviendra alors, sur le banc des non-inscrits, le seul député UDF de l'Assemblée nationale. S'il n'en reste qu'un, Thierry Benoit sera lui là... « UDF, canal historique »

Voilà qui clarifie une ambiguïté née entre les deux tours de l'élection présidentielle, quand François Bayrou déclare qu'il ne votera pas Sarkozy. Comme bon nombre de militants UDF attachés au centre-droit, Thierry Benoit, qui a voté Sarkozy, c'est le début du désamour. Une rupture qui sera définitivement consumée si les radicaux parviennent à leur but et que le Nouveau Centre est suffisamment intelligent pour ne pas renier l'alliance.

Inscrit en préfecture comme candidat UDF-MoDem aux législatives, le conseiller général de Fougères-sud fait campagne sous le seul label UDF. Il dit non à François Bayrou qui se propose de venir le soutenir sur ses terres du pays de Fougères. Mais cette ambiguïté lui permet d'être élu à la surprise générale face à l'UMP Marie-Thérèse Boisseau. Quand François Bayrou l'accueille à l'Assemblée nationale, Thierry Benoit joue le jeu pour ne pas désobliger le sénateur fougerais Philippe Nogrix, MoDem pur et dur. Mais il est déjà sur ses gardes...

La rupture est sans doute consommée dans les Landes lors de l'Université d'été du MoDem, théâtre d'une passe d'armes Bayrou-Benoit.

Cette clarification intervient sans doute au bon moment pour le député, inscrit dans une « logique de candidature » pour la mairie de Fougères.

Il souhaite convaincre l'UMP et sa leader municipale Isabelle Biard, de former une liste commune. Rien n'est fait. Mais ce positionnement enfin clairement à droite pourrait peut-être faciliter les choses.

D'autant que des listes UMP comprenant des MoDemistes en phase de détachement avec la formation bayrouiste sont d'ores et déjà prévues à Paris. Je pense notamment à monsieur Cavada... Ces défections sont selon certaines sources non seulement dû à l'autocratie de monsieur Bayrou mais aussi de la perspective d'une succession orchestrée et assurée par Sarnez, ce qui sait faire grincer bien des dents. On se croirait au FN !

dimanche 18 novembre 2007

Le MoDem ou Bayrou.fr

Monsieur Bayrou voulait un grand parti, alors il a créé le MoDem, monsieur Bayrou voulait un parti "démocrate" alors il a créé le MoDem. Cela étant fait depuis environ six mois, je me permet de faire un bilan -acide, je vous le concède- de l'action de François le démocrate libre.

"Je veux un grand parti démocrate"
François Bayrou

Durant la présidentielle, alors qu'il s'envolait dans les sondages, nous donnant l'espoir de voir un centriste à L'Élysée, monsieur Bayrou annonçait qu'il voulait pour la suite créer un grand parti démocrate dans le prolongement de l'UDF. Dans les mots, tout cela paraissait idyllique. Oui mais, dans les faits, cela l'est beaucoup moins. En effet, monsieur Bayrou n'a pas créé un parti dans la continuité de l'UDF mais s'est efforcé de supprimer l'UDF qui, avec ses cadres, pouvait représenter une menace interne. Il remplaça alors l'Union par le Mouvement. Mouvement qui doit lui être tout entier dévoué, mouvement qui doit le porter de toutes ses forces à la tête de la France en 2012.

Le mouvement est ainsi "presidentialisé à outrance" comme le relève Jean Arthuis qui affirme d'ailleurs dans une interview publiée sur le point.fr, avoir l'intention de rester à l'UDF-MoDem dans le but de dénoncer la gouvernance personnalisée et non démocratique de ce nouveau grand parti démocrate. Il reproche entre autre à monsieur Bayrou de s'être inscrit sans retenue dans l'optique de la présidentielle de 2012, mais aussi d'avoir fonder un parti sans élu, où il est dans son bon droit lorsqu'il nomme et révoque à loisir les membres de l'exécutif de la jeune formation.
Ce mode de fonctionnement est tout sauf démocratique. On peut même considérer que monsieur le grand gourou agit en tyran, égocentrique, convaincu de son destin présidentiel. Madame Simone Veil relève à ce propos dans le nouvel observateur que "[monsieur Bayrou] était convaincu qu’il était touché par le doigt de Dieu et qu’il était évidemment prédestiné à devenir un jour président de la République", tout en le décrivant comme "un intrigant, un opportuniste, un traitre, surement, mais aussi un illuminé." Pour ma part, je vous invite à vous rendre sur un moteur de recherche et de taper "mouvement démocrate". Vous observerez alors que le site qui sortira de cette recherche est le site "bayrou.fr". Cela me pousse à soutenir la thèse que ce parti n'est qu'un camouflet voué à le servir, lui et son ambition plus que la France et ses convictions. (Rectificatif : récemment, l'ordre des liens a changé sur google, faisant apparaitre le site du mouvement démocrate en tête de liste. Je salue cette modification mais ne modifie pas mon point de vue quant à la direction autocratique du parti.)

Tout cela ajouté bien-sûr au mépris exprimé par monsieur Bayrou lors de l'investiture par le comité national d'une quarantaine de candidats aux municipales de 2008. Comité national dont la légitimité est remise en cause jusque dans le noyau dur du MoDem (je sais que vu le faible nombre de personnalités, cette expression n'a pas beaucoup de sens mais bon !), notamment par Quitterie Delmas qui se demande encore : «Ces gens ont été investis par qui ? Comment ? On ne sait toujours pas !» Cette adjonction de faits sont pour le moins dénonciateurs de la situation d'impasse dans laquelle se trouve François Bayrou, amené à jongler entre une nouvelle base de militants dont la sensibilité est plus de centre-gauche et des élus restants (car bon nombre ont rejoint le Nouveau Centre) qui pour la plupart sont issu d'une mouvance de centre-droit. Cette stratégie d'indépendance a par ailleurs fait récemment preuve de sa faiblesse puisque monsieur Cavada (pour qui je garde un profond respect) qui est l'un des rares élus de l'UDF-MoDem préferera pour 2008 conduire une liste de droite à défaut de pouvoir conduire une liste d'union du centre et de la droite. Cette ligne que tenais traditionnellement l'UDF, le Nouveau Centre la teindra, notamment à Nice avec l'alliance de monsieur Christian Estrozy et de monsieur Rudy Salle.

A tous les déçus du Bayrouisme déviant je dis, l'alternative au centre, la nouveauté au centre, c'est le Nouveau Centre !