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jeudi 2 octobre 2008

Sénat, le centre va jouer un rôle


À la suite des sénatoriales du 21 septembre, le visage de la Chambre Haute a changé. Il a rosit... ce n'est pas plus mal et cela pour deux raisons : d'une part, cela coupe court aux critiques qui prétendent que le Sénat est le symbole d'une gérontocratie de droite, une chambre conservatrice où l'alternance est impossible et d'autre part, cela donne un rôle d'arbitre au groupe Union Centriste. Car si le centre perd un sénateur, il gagne en terme d'influence. Son volume est certes moins important mais son poids compte désormais beaucoup plus. Explications.

L'UMP a perdu quelques plumes (9 pour être précis) alors que le PS s'est gracieusement remplumé (de 25 membres). La gauche progresse donc au sain de la chambre haute. Tant et si bien que certains se demandent si elle ne pourrait pas basculer en 2011. Cela serait historique. En effet depuis le début de la Vème République en 1958, le Sénat a toujours connu des majorités de droite. Cela lui a valu de nombreuses critiques, notamment de la part de Boubou. Si l'alternance devait se produire, cela renforcerait encore la légitimité de cette institution, déjà accrue par ce scrutin. Ce ne serait pas forcément pour me plaire (bah oui, un Sénat de droite, moi, j'aime encore assez bien) mais si vraiment c'est ce qu'il faut pour faire taire les médisants, alors effectivement, je conviendrai qu'en tout malheur est une bonne chose.

Le centre maintenant. Mon cher groupe Union Centriste a perdu un membre. Mais je relèverai l'élection d'Hervé Maurey, maire de Bernay, Conseiller général Nouveau Centre de l'Eure, dès le premier tour, avec près de 55% des voix ainsi que la réélection au Sénat de Jean-Léonce Dupont, 53 ans, premier vice-président du Conseil Général du Calvados, avec encore près de 55% des voix.

Je disais donc que malgré la perte d'un membre, le groupe Union Centriste joue désormais un véritable rôle important dans le rapport des forces. L'UMP ne dispose plus que de la majorité relative et, bien loin de l'époque où le Sénat était un bastillon de droite, elle devra jouer politiquement pour faire passer ses textes. Les arbitres de ces jeux sont les centristes ! En premier lieu, ce qui sera la première conséquence de cette importance nouvelle, Mercier pourra se permettre de revendiquer pour son groupe le maintien de deux présidences de commissions, celle des Affaires sociales détenue par Nicolas About et celle des Finances occupée par Jean Arthuis, ainsi qu'un poste de questeur.

Je tient à faire ensuite quelques remarques diverses. D'une part, je ne suis pas surpris du fastueux train de vie du Sénat... ce qui ne m'empêche pas de le condamner. Déjà à l'époque des présidentielles, François Bayrou (et oui, s'il n'avait dit que des conneries, je ne l'aurai jamais soutenu) avait affirmé que réduire le train de vie de l'État était une priorité pour réduire la dette. Visiblement, ce n'est pas la solution qui a été retenu par notre président qui préfère taxer nos pic-nics et nos produits sucrés et gras (toujours avec des argument éminemment travaillés). Christian Poncelet a fait le bon choix en refusant d'occuper l'appartement mit à sa disposition, je regrette cependant qu'il ne l'ai fait que sous la pression médiatique et je me demande ce qu'il va advenir de cet appartement... et des centaines d'autres.

Ensuite, comme l'a fait Jean-Christophe Lagarde, je regrette que suite à ces élections sénatoriales, la Polynésie compte désormais deux sénateurs indépendantistes du fait de l’alliance passée entre Gaston Flosse et Oscar Temaru.

Pour finir, Gérard Larcher a été élu à la tête du Sénat sans surprise aucune après être parvenu à écarter son plus sérieux rival, l'ancien Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin pour qui j'ai une sympathie toute centriste. Mais y a-t-il une surprise là dedans ? Les candidats, hormis le candidat socialiste, s'étaient tous désistés jusqu'au dernier moment. Je souhaite vraiment que monsieur Raffarin retrouve une liberté de parole, et qu'il l'utilise pour dire ce qu'il pense, quitte à nous faire quelques raffarinades (moi je les aime, j'en ai un livre que j'ai acheté, oui j'ai payé pour avoir un recueil de raffarinades dans ma bibliothèque !). Sur ce, bonne nuit très chers lecteurs.

mardi 17 juin 2008

Renaissance du RPR !

« L'UMP sera le parti unique de la droite et du centre ! » « L'UMP sera le premier parti à ressembler en son sein l'ensemble de la droite républicaine et du centre. » « L'UMP sera la grande maison bleue qui abritera des gens de sensibilités différentes prêts à travailler ensemble... » Voilà un échantillon de ce qui avait été dit en 2002 à l'occasion de la création de l'Union pour un Mouvement Populaire. Que reste-t-il aujourd'hui de ces promesses ? Que reste-t-il de nos amours ? Ont-ils été de pailles ? Sont-ils morts ? Qu'avons-nous fait de la grande UDF ? Que sont devenu ces membres ? Que subsite-t-il du RPR ? Autant de questions auxquelles je vais tanter de répondre ici.


Ces centristes de l'UMP


Avant la création de la grande centale centro-républicaine, il existait deux formations qui cohabitaient : le Rassemblement Pour la République (RPR) qui regroupait les gaullistes et les tenants d'une droite républicaine et l'Union pour la Démocratie Française (UDF) qui rassemblait les centristes, les radicaux, les tenants d'une droite sociale et/ou modérée et les libéraux. Ces deux formations politiques regroupaient en leur sein deux familles politiques voisines qui collaboraient parfois déjà dans la douleure. On se souvient notamment de la période où Valéry Giscard d'Estaing était Président de la République (1974-1981). Petit à petit, après que François Bayrou ait prit la présidence de l'UDF, celle-ci commença à perdre de la vitesse. De 215 députés en 1993, le groupe UDF à l'Assemblée Nationale est passé à 113 députés en 1997. A la fin de la législature, en 1997, le groupe, rebaptisé UDF-Alliance ne comptait plus que 62, députés alors qu'était né un groupe autonome « Démocratie Libérale » comptant 40 députés. Démocratie Libérale était une ancienne composante de la grande UDF. Voilà le point de départ de notre histoire : le départ de nos cadres...


En 2002, à la suite de l'arrivée de LePen au second tour de l'élection présidentielle, la droite est en passe de remporter les élections avec un score suppérieur à 80%. Un score qualifié d'africain dans le jargon. Entre les deux tours, le candidat Chirac rencontre François Bayrou qui a fait entre 6 et 7%, score honorable à l'époque. Ce dernier lui suggère de faire un gouvernement d'union nationale. A cela, Chirac répond qu'il fera le parti unique de la droite et du centre. A cette époque, le projet devait porter le nom d'Union en Mouvement.

Le second tour se solde effectivement par une victoire de Chirac à plus de 80%. Les législatives qui suivent voient l'Union pour une Majorité Présidentielle remporter une large majorité (365 sièges sur 577 à pourvoir). Ce groupe rassemble déjà des personnalités de la droite issues très majoritairement du RPR et des personnalités centristes, notamment issues de Démocratie Libérale mais aussi du Parti Radical dit « Valoisien », ancienne composante de la grande UDF qui lui aussi a quitté le parti centriste pour le grand rassemblement de la droite et du centre.


A ce moment, l'UDF a perdu deux de ces composantes et va encore perdre une bonne partie de ses cadres qui vont rejoindre l'UMP. Je ne sais pas s'il faut le regretter mais tous ne vont pas le faire. C'est à cette période qu'il eut été judicieux me semble-t-il pour Bayrou de dire clairement ce qu'il voulait. La gauche était un champ de ruine, le centre se mouvait et la droite muait, du moins en apparence. Il aurait pu alors dire sa différence et se poser comme une alternative crédible pour 2007. Mais force est de constater qu'il ne l'a pas fait.


Je demande s'il faut le regretter car à ce moment, si l'UMP avait attiré à elle l'intégralité des centristes, alors peut-être le rapport des forces aurait été plus équilibré et peut-être l'UMP aurait-elle été un véritable parti de la droite et du centre.


Mais pour en revenir à l'historique de cette merveilleuse aventure qu'est la collaboration gouvernementale compliquée entre le centre et la droite, l'UMP comptait dans ses rangs Christine Boutin (FRS ex-UDF), André Rossinot (PRV ex-UDF), Alain Madelain (DL ex-UDF), Claude Goasguen et Hervé de charrette (Convention démocrate ex-UDF) et biens d'autres comme Philipe Douste-Blazy (ex-UDF) mais nous n'allons pas tous les citer. A côter de ces centristes se tenaient l'ensemble des ex-RPR, bien entendu largement majoritaires.


L'UMP Chiraquienne


Certes, elle ne dura pas plus de temps qu'elle ne due. Et cela est selon moi regrettable. Mais il y eut tout de même une période où l'UMP était Chiraquienne, sous les présidences successives de Michèlle Alliot-Marie (Le Chêne, formation gaulliste) et Alain Juppé. En ce temps, les centristes furent respectés. On eut même l'immense honneur d'avoir un Premier Ministre. En effet, Jean-Pierre Raffarin était un ancien de l'UDF. D'abord co-fondateur du Parti Populaire pour la Démocratie Française (PPDF) puis membre de Démocratie Libérale avant d'intégrer l'UMP.


Pendant ce temps, l'UDF n'a plus que 29 députés. Les « fidèles bédoins » (vous remarquerez le gracieux surnom que cela nous avait valu d'être fidèle, on ressent déjà la consodération du chef pour ses troupes) sont toujours porteurs de l'étiquette giscardienne. Pour information même Giscard est alors plus proche de l'UMP. Les combats sont rudes, mais ils sont vaillamant menés. Bien entendu, ils ne mènent pas à grand chose. Ceux qui gouvernent sont à l'UMP. Les centristes qui ont le pouvoir, quoi qu'on en disent, sont à l'UMP.


Fut venu le temps du sarkozysme


En 2004, le temps était venu de faire de la place au grand Nicolas. Le nouveau chef du parti majoritaire avait bien compris la force en puissance que représetait un mouvement aussi vaste : il était simple de touver des contestataires prêts à légitimer une stratégie alternative. D'autant que les chiraquiens en fin de règne et occupés à gouverner se faisaient moins regardant. Le nouveau président du parti de la droite et du centre se fit donc premier opposant. La position est facile : il peut « agir » eet contester.


Mais à ce moment, il doit trouver le terraux pour élargir le cercle des sarkozystes. Au centre, les gens sont satisfaits de Jacques Chirac, ils ne tiennent pas à se faire encombrants. Et puis soyons francs, le sarkozysme est plutôt une doctrine qui a vocation à s'implanter par la droite conservatrice et libérale du parti. Justement, ça tombre drôlement bien, c'est là que les gens sont les plus mécontent du gouvernement en place jugé trop mou et trop peu volontariste. Le crénau est donc trouvé : plus de libéral, plus de sécurité, plus de droite ! Et comme il est toujours plus simple de critiquer, le succès est immédiat.


La vague interne se transforme en tsunami : l'UMP devient toute entière vouée à Sarkozy. Dans ce bain ultra-libéral et conservateur, bon nombre de centristes ne sont plus tout à fait à leur aise. Voilà le début d'un irrespect qui va aller croissant. Tout ce qui n'est pas sarkozyste n'est pas UMP, ou est très mal vu. Les chiraquiens ou chiraco-villepinistes sont alors montrés du doigt. Ils sont devenu les moutons noirs alors que les centristes sont simplement ignorés. Forcément, cela aura des conscéquences sur la suite des choses.


La suite des choses


Aujourd'hui, la situation est celle que l'on connait. Je me suis permis une ellipse temporelle concernant les présidentielles de 2007 car il me semble que je les ai suffisemment analysées, racontées... La suite des choses sont simple. L'UDF a fini par disparaître pour laisser place au Nouveau Centre comptant 23 députés et au MoDem comptant 3 députés (non-inscrits) et l'UMP est toujours majoritaire à l'Assemblée et majoritairement sarkozyste.


En effet, l'UMP, après avoir été le grand parti de la droite et du centre de 2002 à 2007 (voire 2004) redevient subitement un parti de droite traditionnel. La bataille interne entre sarkozystes et chiraco-villepinistes a eut une conscéquence insoupçonnée : les centristes ont disparu du débat. Ignorés pendant trois ans (de 2004 à 2007), les centristes de l'UMP ont finit par disparaître de la surface. Pourtant, ils sont toujours là. Et des voix commencent à s'élever contre ce qui apparaît comme une « RPRisation » de l'UMP.


En effet, l'UMP est notamment confrontée au mécontentement de formations et clubs de réflexion associés, qui lui reprochent de ne pas assez prendre en compte les différentes sensibilités du parti. La ministre du logement Christine Boutin, ex-UDF et présidente depuis 2002 du Forum des républicains sociaux (8.000 adhérents revendiqués), a saisi l'occasion d'un conseil national de son parti pour passer à l'attaque. L'UMP « est en train de redevenir un parti replié sur lui-même », a-t-elle lancé. « Si l'UMP reste l'expression unique de l'ancien RPR, elle fera 15-17% aux élections européennes et régionales », a-t-elle mis en garde.


Les parlementaires issus de l'UDF, qui ont rejoint l'UMP en 2002, ont eux aussi des revendications. C'est le cas de Claude Goasguen et Hervé de Charette, co-dirigeants du club de réflexion « Convention démocrate », qui veulent l'instauration de courants au sein de l'UMP. « Il faudrait que l'UMP se souvienne qu'elle n'est pas que le RPR », souhaite M. Goasguen. « Les colloques et les groupes de travail tout préparés n'inciteront pas les gens à venir adhérer », a-t-il déclaré à l'AFP. « Il faut que ce parti soit beaucoup plus vivant ».


Messieurs de Charette et Devedjian se sont récemment affrontés, par voie de presse interposée. Le premier a reproché au second sa « présidence brejnévienne » à la tête d'une UMP « RPRisée ». « Les militants UMP désertent nos permanences. Il y a un vrai malaise dans ce parti », a affirmé le député du Maine-et-Loire. « Je connais le prix des états d'âme de M. de Charette, il est de 600.000 euros! », a répliqué M. Devedjian, évoquant le montant de la subvention refusée par l'UMP à la « Convention Démocrate ».


De son côté, le Parti radical (10.000 adhérents revendiqués), présidé par le ministre d'Etat Jean-Louis Borloo et qui compte 24 députés et sénateurs, affirme avoir « une série de particularismes » qui lui évitent ce « problème existentiel », selon son président d'honneur, André Rossinot. « Je souhaite aussi qu'on joue toutes les sensibilités de l'UMP, parti de la droite républicaine et du centre, dans sa complexité », souligne-t-il cependant.


Le Nouveau Centre pour sa part réclame « des règles du jeux plus claires » et « le respect de chacun » alors que, comme je le disais dans mes précédents billets, la grogne monte au sein notamment du groupe Nouveau Centre. Les « affaires » se multiplient dans un contexte où les sensibilités du chacuns sont exacerbées.


Et maintenant ?


Je crois que nous sommes face à un vrai problème de communication au sein de la majorité. Ce problème est un problème globale. Il est présent, tant entre la majorité parlementaire et le gouvernement qu'entre les différentes sensibilités de la majorité. C'est une certitude que j'ai : si nous continuons en ce sens, l'UMP finira par redevenir un parti de droite traditionnel. Déjà au Nouveau Centre, nous voyons arriver d'anciens UMP... Et je suis sûr et certain que le Parti Radical a vu ses effectifs gonfler en terme de militants ces derniers mois.


A titre personnel, j'appel l'ensemble des centristes de l'UMP qui ne se reconnaissent plus dans un parti qui ressemble de plus en plus au RPR de rejoindre le Nouveau Centre. Le Nouveau Centre souhaite reconstruire la maison UDF telle qu'elle était en 1993. Avec les partisans de Boutin, les radicaux, les démocrates libéraux, les centistes attachés à la collaboration avec la droite. Nous ne voulons pas créer une UMP bis, nous ne voulons pas non plus d'un MoDem. Simplement nous pensons que le système du parti unique a montré ses limites. Nous pouvons tous ensemble être des partenaires exigeants et entendus. C'est une certitude que j'ai, c'est une conviction que je porte.

dimanche 15 juin 2008

L'UMP a-t-elle peur du Nouveau Centre ?

François Sauvadet a tiré la sonnette d'alarme. Voilà, nous y sommes. L'UMP a franchit un cap, celui du non-respect des accords passés. Et pourtant, ce n'était pas grand chose. Nous aurions toléré la simple entente cordiale. Peu de chose en somme. Mais il semble que cela était trop demander au groupe UMP. Mais pour qui se prennent-ils ? Explication.

Le sujet de deux de mes précédents articles était l'élection législative partielle qui s'est déroulée dans la 11ème circonscription du Rhône et qui s'est soldée par la victoire du candidat de la majorité représentée par le Nouveau Centre. Aussi, cela a fait (un peu) gonfler les effectifs du groupe centriste à l'Assemblée Nationale en portant à 23 le nombre de ses députés.

Cela paraissait tellement peu à l'échelle des 577 députés présents en totalité que les médias n'ont pas (ou très peu et très discrètement) relevé cet évènement. Aussi, en coulisse, des pressions ont été exercées sur Raymond Durand pour tenter de le faire adhérer au groupe de l'UMP. Qu'est-ce cela révèle-t-il ? Simplement que le parti présidentiel ne supporte, ni de perdre un député, ni de voir un partenaire prendre du poids.

Le parti voulu par le Président Chirac en 2002 a, à cette époque largement gagné les élections législatives avec 367 sièges. En 2007, on nous avait annoncé une véritable vague bleue, il n'en fut finalement rien puisque l'Union pour un Mouvement Populaire obtenu "seulement" 313 sièges. 54 de perdus donc. Mais l'exploit était là, avec un goût amère certes, mais il était là. Pour la première fois depuis 1981, une majorité était reconduite.

Seulement voilà, cela ne suffisait pas à notre bon Président super (im)puissant (politiquement bien entendu) ! Il lui fallait la vague, il lui fallait faire mieux que son prédécesseur. Celui qu'il avait tant décrié, comment assumer qu'il faisait moins bien en terme d'effectifs parlementaires ? Bref cela avait été vécu comme un véritable désaveu, une défaite personnelle.

La suite a qui plus est été mouvementée puisqu'en plus d'être moins conséquent, le groupe du parti présidentiel s'est montré moins docile. D'autre part, les collaborateurs du parti présidentiel ne devaient être que de petites plumes, des penseurs furtifs, des débaucheurs. Mais ce que n'avait pas prévu le formidable Président, c'est que ceux qui, en 2002 n'avaient pas souhaité quitter l'UDF pour rejoindre les rangs du parti unique de la droite et du centre n'étaient toujours pas prêt, en 2007 à se fondre dans la masse. Et ce qui avait encore moin été envisagé, c'est que certains de ces « nouveaux collaborateurs » réussiraient à créer, non pas un club de réflexion politique bien sage ou un parti tutélaire mais un vrai parti, avec des élus et des militants. Alors essayez d'imaginer que par dessu tout cela, l'UMP perde un parlementaire en cour de route... Pour que ce partenaire encombrant en gagne un ! Insuportable vision !

L'UMP a alors immédiatement réagit. Pour cela, elle n'a pas hésité à peser de tout son poids pour faire pression sur le député fraichement élu dans le but qu'il rejoigne son groupe plutôt que celui du Nouveau Centre (dont il est un responsable local...). Ce qui me rassure dans cette affaire, c'est que Raymond Durand a préféré deumerer fidel à ses engagements et à ses convictions, il est le 23ème député du groupe Nouveau Centre à l'Assemblée Nationale.

Mais l'UMP ne s'est pas arreté là. C'est dire comme elle ne souhaite pas voir son partenaire centriste prendre de l'ampleur. Récement, on a appris que Jean Sarkozy, le fils cadet du Président de la République allait se présenter à la présidence du groupe UMP-Nouveau Centre des Hauts-de-Seine. Pour information, le président de l'assemblée départementale Patrick Devedjian soutient le centriste Hervé Marseille à qui le poste semblait promis. Le maire Nouveau Centre de Meudon se voit donc largement concurencé alors même que monsieur Devedjian avait à plusieurs reprises laissé entendre qu'il souhaitait voire Hervé Marseille succéder à Jacques Guillet qui a laissé le poste vacant pour cause... de cumul des mandats !

Je finirai donc sur cette note d'humour en ajoutant tout de même plusieurs choses : je trouve assez ambigu le rôle joué par Jean Sarkozy au sein de l'UMP des Hauts-de-Seine et son comportement me paraît être celui d'un traitre prêt à tout. Entré de façon fracassante en politique en lâchant Martinon (l'ami de l'ex à son père) lors des municipales Neuéillennes, il poursuit sa lutte d'influence sous le regard bienveillant de madâme Balkany(photo ci-contre à gauche). Ensuite, je me demande si finalement, cet acharnement contre la montée progressive (et toute relative) du Nouveau Centre n'est pas plus de la PEUR qu'autre chose.

samedi 26 avril 2008

La gauche aime la droite (surtout quand la droite fait la gueule à sarko)

Une petite vidéo bien révélatrice de deux choses selon moi :
  1. Aujourd'hui, la droite est déboussollée par le sarkozysme et ses dérives droitières ultra-libérales.
  2. Les clivages, sur de nombreuses questions, sont en train de se réduire.

Il faut selon moi faire deux choses : améliorer de façon considérable et soutenue la communication entre la majorité au Parlement et le Gouvernement. Chose qui n'est pas gagnée...

C'est donc une scène insolite qui a eu lieu à l'Assemblée Nationale, mercredi 16 avril 2008, lors des questions au gouvernement. La nouvelle porte-parole de l'UMP, Chantal Brunel, interroge la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, sur la question des 359 niches fiscales. Elle dénonce certaines dérives qui permettent aux plus fortunés d'échapper à l'impôt.

Pendant toute son intervention, les députés de gauche applaudissent leur collègue de l'UMP et finissent même par lui faire une standing-ovation... Allez, ils ont aimés ! Voyez aussi les sourires à droite. Notamment ceux, multiples et accompagnés parfois d'applaudissements, du député Grosdidier.

Depuis le vote du boucler fiscal de 15 milliards d'euros en juillet dernier, la gauche ne cesse de tirer à boulet rouge sur la politique fiscale du gouvernement, censée favoriser les plus riches. La question de Chantal Brunel, porte-parole de l'UMP, a donc surpris (presque) tout le monde, à commencer par les députés socialistes, qui n'ont pu s'empêcher de manifester leur approbation face à cette dénonciation des dérives du système des niches fiscales qui permettent à des contribuables d'échapper à l'impôt.

C'est peu dire que la question a déplu au gouvernement. Sur les bancs de l'Assemblée, François Fillion a paru agacé de cette critique à peine voilée de la politique fiscale du gouvernement par la porte-parole de l'UMP. Selon le Canard Enchaîné du 23 avril 2008, Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat en charge des relations avec le Parlement, a exprimé son mécontentement à Jean Leonetti, le vice-président du groupe UMP. Mais ce dernier l'a renvoyé dans les cordes en lui révélant que la question avait été directement suggérée par l'Elysée. Critiquée par ses collègues UMP après son intervention, Chantal Brunel a fini par lâcher que c'est Catherine Pégard, conseillère en image de Nicolas Sarkozy, qui lui avait suggéré cette question.

On voit donc bien combien la communication n'est toujours pas le point fort de notre exécutif. L'Elysée suggère des questions aux parlementaires qui sont de nature à mettre le Gouvernement dans l'embarras. Le Gouvernement s'inssurge et finalement on fini par tout savoir. On relèvera que visiblement, la question, bien que suggérée, était dans tous les esprits. Et la réponse, convainquante non ? Ah ! C'est dingue ce que peut faire la com' élyséenne !


Standing Ovation à l'Assemblée Nationale (complet)
envoyé par forumplus

jeudi 27 mars 2008

L'UMP fait le choix de l'équilibre


Xavier Bertrand et Nathalie Kosciusko-Morizet, deux proches Nicolas Sarkozy, deviendront tous deux secrétaires généraux adjoints de l'UMP dans le cadre du remaniement du parti majoritaire décidé après l'échec des élections municipales, selon le Monde.


L'arrivée du ministre du Travail et de la secrétaire d'Etat à l'Ecologie aux côtés du secrétaire général Patrick Devedjian vise à redoper une UMP "ébranlée par la défaite aux élections municipales", écrit le quotidien, daté de vendredi.


Ces nouveaux équilibres définis par Nicolas Sarkozy seraient la résultante "d'une mise en scène des rapports de force au sein de la majorité".


Pour Le Monde, la montée de Xavier Bertrand vise dans l'esprit du chef de l'Etat à instituer un "contrepoids" à l'influence du Premier ministre François Fillon, qui jouit d'une cote de popularité largement supérieure à la sienne.


La promotion de Nathalie Kosciusko-Morizet consacrerait l'émergence de la secrétaire d'Etat, réélue aux élections municipales à Longjumeau et susceptible de contrebalancer les ambitions de Xavier Bertrand.


Dominique Paillé devrait pour sa part devenir porte-parole du mouvement.


Ce remaniement à l'UMP pourrait être annoncé d'ici peu, après une dernière mise au point avec Patrick Devedjian et Jean-Pierre Raffarin, premier vice-président du Conseil national de l'UMP.


La direction bicéphale de l'UMP plancherait depuis le 17 mars sur la modification de l'exécutif du parti, où Patrick Devedjian fait l'objet de critiques depuis le revers de la majorité aux élections municipales et cantonales.


Mais cette réaction de bi-promotion, d'hyperéquilibre et de blocage des ambitions semble cantonner la nouvelle génération. Selon moi, le parti ne saurait ne pas préparer dès maintenant à l'après Sarkozy. Aujourd'hui, peu de têtes émergent, peu de nouveaux arrivent, pas de leader véritable se détache. Je ne peux voir que la prééminence peu productive du cercle sarkozyste. Ils sont les seuls aux manettes ; on assiste même à un resserage des rangs autour des fidèles et à une anesthésie des ambitions. Cette stratégie risque à terme de poser un problème de leadership...

mardi 25 mars 2008

Les petites phrases d'aujourd'hui écrivent les grandes lignes de demain...

Plus d'élections locales avant 2010. Un échéquier politique remanié et rééquilibré par les municipales. Des partis qui cherchent comment préparer 2012 et son échéance présidentielle. Le contexte est propice aux batailles internes. Et si celles-ci sont un mode de fonctionnement -plus ou moins efficace, je n'en jugerai pas ici- pour le Parti Socialiste, personne n'est en reste. De la droite nationale à la gauche radicale, tour d'horizon des formations politiques en "reconstruction", "construction", "rénovation"...


Le Front National


Après avoir vu son électorat siphonné par l'UMP sarkozyste, le parti lepéniste est en crise. Une crise qui s'est confirmée par un nouveau recul enregistré à l'occasion de ces municipales. Aussi, le leader du FN, emblématique et charismatique Jean-Marie Le Pen arrive en fin de parcour. Et si les anciennes divergences internes quant à la suprématie du chef de clan ont toujours aboutit à une marginalisation des dissidents (on se souvient de Bruno Mégret et de son MNR), aujourd'hui, le jeu est différent. Ainsi, si Marine Le Pen qui s'est illustrée à l'occasion des dernières législatives sous le regard attendri du paternel, ses scores aux municipales restes relativement décevants. Aussi ne fait-elle pas l'unanimité dans le Royaume, microcosme étouffé finalement par un leader omnipotent en interne et inefficace en externe.


Cela devrait pouvoir laisser place à de nouvelles velléités. Les candidats à la succession devraient pouvoir se faire connaitre d'ici peu. Cela sous couvert que l'héritière ne supplante pas ses concurrents, manœuvre aboutissant vraisemblablement par un éclatement et une mort certaine de la famille nationaliste et patriote. Historiquement, c'est une thèse relativement probable et soutenable en cela que ce qu'on appel l'extrême droite a toujours vécu au travers d'un homme avant de s'éteindre durant des périodes plus ou moins longues. Après, Poujade, il fallut attendre la percée du monsieur Le Pen... Après Le Pen, qui sait si le parti saura continuer, il est toutefois permis d'en douter...



Le Mouvement Pour la France


Ici, il est fort probable que le chef reste en place. En effet, Philippe de Villier, vu son âge et son ambition (ou plutôt son caractère), ne saurait laisser sa place à un guillaume Peltier qui se contentera certainement d'établir une fois encore une nouvelle stratégie pour le MPF. En effet, C'est déjà ce jeune homme qui est à l'origine du "virage à droite" de son mentor (ou son poulain vu l'influence qu'il exerce sur le souverainiste vendéen) et c'est encore lui qui a négocié les accords avec l'UMP pour entrer dans la majorité. Car si cet évènement est passé inaperçu aux yeux du grand public, il remet en cause toute l'organisation du MPF. Parti du RPF qui n'était qu'une branche souverainiste et euro sceptique de la droite traditionnelle alors représentée par le RPR, le MPF s'était éloigné pour chasser sur les terres du FN avec un succès tout relatif.


Aujourd'hui, il se place comme "une droite nationale de gouvernement". Cela implique de égocier un virage dangereux : celui de la négociation avec des partis de parlement, notamment l'UMP, pour s'inscrire dans une majorité et entrer au gouvernement. On a d'ailleurs longtemps entendu parler d'une éventuelle entrée de monsieur De Villier au ministère de l'agriculture, chose qui ne s'est pas faite. C'est une stratégie largement employée aujourd'hui par les partis "d'importance secondaire" (argh que je hais cette considération) dans un contexte de plus en plus prononcé de bi-polarisation de la vie politique. Le MPF passera-t-il d'une logique de contestation à une logique de négociation ? L'électorat suivra-t-il ? Les questions restent posées.



L'Union pour un Mouvement Populaire


Sarkozy est au pouvoir. Le but ultime de l'action de ce mouvement est atteint. Ce qui le faisait se mouvoir ne peut lui servir de moteur plus longtemps. Aussi, si les sarkozystes pensent aujourd'hui à conserver le pouvoir et à soutenir l'action gouvernementale, cela ne fait plus l'unanimité. Cela vient du fait des premiers déçus du sarkozysme. Les frasques du président en ont déboussolé plus d'un et la grogne gagne. Les fidèles sont majoritaires mais les "alternatifs" voient grossir leur rang. Cela tranche avec l'ultra minorité d'opposition qu'on représenté récemment Nicolas Dupont-Aignant (qui a fini par quitter l'UMP pour créer sa propre formation "Debout la République" tant la pression était forte) et Dominique de Villepin a qui ce non-alignement sur le sarkozysme a peut-être coûté sa carrière.


Les mécontents sont notamment visibles à l'échelle locale. Car l'UMP sarkozyste, véritable machine de guerre a voulu trop de fois imposer ses candidats aux dépends d'une droite locale agacée voire excédée. Cela a eu pour conséquence la multiplication des dissidences et la défaite dans certains cas. Récemment, les municipales ont fini de déconcerter les concerts de choeurs de l'armée bleue.


Cependant, le Président a pris les devant lors de sa prise de pouvoir en imposant une direction collégiale évitant de voir se dégager un nouveau leader. Les chiraquiens et autres déçus sauront-ils outrepasser cette difficulté ? En auront-ils la possibilité ? Ils sont minoritaires malgrès tout... Et que nous réserve le Parti Radical valoisien dont le nouveau Président Jean-Louis Borloo a affirmé vouloir faire de ce parti le premier parti de France en s'éloignant de l'UMP ?



Le Nouveau Centre


Le congrès arrive ! Les 24 et 25 mai prochain à Marseille... Et cela attise déjà les convoitises. Qui sera le leader de notre parti en construction ? Je ne lencerai pas le débat dans cet article, d'autres sont là pour cela et d'autres encore viendront l'alimenter. Mais on pourra cependant relever les candidatures d'Hervé Morin et de Jean-Christophe Lagarde, deux personnalités très différentes aux stratégies différentes.


Mais on peut aussi se demander si des personnes comme Christian Blanc, entré récemment au Gouvernement ou André Santini ne voudraient pas prétendre à la fonction... Ils l'avaient déjà dit, ils avaient été entendu à l'époque, ouvrant ainsi le débat sans que cela ne réponde à la question du leadership. Ce débat est notamment visible sur le forum du Nouveau Centre dont le lien est présent dans la colonne de droite.


Enfin, la stratégie face au collaborateur de la majorité, à savoir l'UMP, est aussi en question. Notre collaboration difficile lors de ces municipales a remis en question la présence de listes autonomes, notamment à l'occasion d'élections supranationales, en l'espèce les prochaines élections européennes. Tout cela sera à débattre et à définir à l'occasion de ce prochain congrès.Tout comme la proposition de Jean-Christophe Lagarde d'une direction bicéphale, ce qui serait, je pense, détestable, j'y reviendrai...



Le MoDem


Au MoDem, la question du leadership ne se posera pas, simplement parce qu'il ne reste que Bayrou et des militants... Ah, peut-être Marielle de Sarnez, mais non ! Bayrou est le parti, Bayrou et MoDem ne font qu'un.


La seule question qui se posera éventuellement sera celle de la stratégie. Alliances sauvages ou autonomie stérile ? L'entêtement de François Bayrou ne laissera peut-être pas la place au débat. L'avenir de la formation centriste est plus qu'incertain au lendemain des municipales. La précipitation avec laquelle s'est créé le MoDem, enchainant forum des démocrates et congrès fondateur, il ne leur reste rien pour prévoir l'avenir... Sauront-ils réfléchir en dehors des rassemblements prévus à cet effet ? L'université d'été qu'ils ne manqueront pas d'organiser aura-t-elle raison de l'immobilisme ambiant ?



Le Parti Socialiste


Le PS, fort de ses succès locaux - sept grandes villes sur dix, plus de la moitié des départements - réunit ce mardi son Conseil national (un "parlement" de 300 membres dont la centaine de Premiers secrétaires fédéraux). Outre le bilan des élections, il examinera le "processus de rénovation" et le calendrier du parti. Sa "commission de rénovation" est tombée d'accord pour un Congrès du 7 au 9 novembre (Toulouse, juste conquise, étant citée pour l'accueillir). Congrès essentiel qui doit désigner le successeur de François Hollande.


Cette date ne fait pas l'unanimité, des proches de Ségolène Royal plaidant pour un Congrès anticipé avant l'été. Elle devrait néanmoins être validée par ce Conseil auquel doit participer l'ex-candidate à l'Elysée. Cette dernière a jugé le calendrier envisagé "tardif", sans en faire un casus belli. Mais l'initiative des fédérations a déclenché l'ire de Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal. Il soupçonne François Hollande de vouloir compter ses troupes et dénonce un "texte de fraction".


Les divergences se cristallisent sur le profil des prétendants : Premier secrétaire de transition, chef d'équipe ou présidentiable pour 2012 ? Les sondeurs s'en mêlent : selon CSA, pour 40% des Français, Bertrand Delanoë serait le meilleur Premier secrétaire, devant Ségolène Royal (36%) qui domine chez les sympathisants socialistes (59%). Martine Aubry, réélue triomphalement à Lille, revient en force (29% des Français, 39% des sympathisants PS). D'autres candidats se sont fait connaître, les députés Julien Dray, Manuel Valls, Pierre Moscovici. Aucun n'est a priori présidentiable.


Chacun fourbit ses armes, au grand jour ou dans la discrétion. Ségolène Royal, qui a sillonné la France pendant la campagne des municipales, ne cache pas son ambition : être "majoritaire" au Congrès autour d'un texte d'orientation. Selon des estimations internes au PS, elle ne représenterait cependant qu'entre 25 et 30% du parti. Son lieutenant Peillon souhaite qu'elle puisse "conduire la rénovation du PS", sans que cela induise automatiquement une candidature. Les maires de Paris et Lille, quant à eux, sont restés discrets sur leurs ambitions. Jusqu'au 21 avril, date du prochain conseil de Paris, Bertrand Delanoë "parachève son exécutif", souligne un proche. "Après, il pourra commencer à ouvrir portes et fenêtres et regarder l'horizon".



Le Parti Communiste


André Gerin, maire communiste de Vénissieux, commune de la banlieue sud de Lyon, annonce ce lundi dans le Figaro son intention de porter candidat à la succession de Marie-Georges Buffet, secrétaire nationale du PCF. Il critique l'obsession de l'union de la gauche de certains de ses camarades, et ajoute : "Il faut savoir si l'on accepte les coups de Jarnac, si l'on se satisfait de voir des candidats socialistes se faire épauler par la droite pour battre les communistes. Je ne suis pas partisan d'adopter une attitude revancharde, mais il faut couper le cordon ombilical avec les dirigeants du PS et voler de nos propres ailes"...


Réélu au premier tour (52,61%) des municipales à Vénissieux - à la tête d'une liste d'union de la gauche où le PS tient une large place, André Gérin annonce sa candidature, "pour sortir le PCF de l'ornière et du microcosme parisien". Selon lui, la direction actuelle du PCF est "déconnectée du peuple de France", et le message de sa secrétaire nationale "inaudible". La faiblesse du parti affaiblit du coup toute la gauche, rappelle-t-il, privant notamment Ségolène Royal de réserves lors du second tour ses présidentielles 2007.


D'ici au prochain congrès, prévu à la fin de l'année, André Gérin va "entreprendre un tour de France pour aller à la rencontre des classes laborieuses et populaires". Adhérent du PCF depuis 1964, élu au comité central pendant vingt-et-un ans, il se croit "capable de rassembler la famille communiste". Pour "combattre bille en tête la droite sarkozienne en redonnant une crédibilité, une lisibilité à un projet alternatif anticapitaliste".



La Ligue Communiste Révolutionnaire


La stratégie est à la création. Une nouvelle formation pour de nouveaux horizons, cela nous rappel le MoDem... Ce projet sera-t-il plus porteur que celui de Bayrou ? Il semble que les moyens employés soient très différents; Plus lent, plus réfléchit et a priori moins autocrate, Olivier Besancenot se comporte comme un rassembleur et un bâtisseur. Tout autre chose finalement que le Mouvement Démocrate !


Mais si monsieur Besancenot prétend ne pas vouloir faire de ce parti « son » parti, il n'en est pas moins qu'il apparaît comme l'homme de la gauche radicale. Ce nouveau parti saura-t-il se passer de ce leader charismatique ? Ce leader dans l'âme saura-t-il se mettre en retrait dans cette nouvelle formation ? Encore une fois, il est permi de douter...

mercredi 19 mars 2008

Remaniement, le centre a sa place.


Le chef de l'Etat a légèrement remanié le gouvernement hier soir en faisant entrer six nouveaux secrétaires d'Etat, quatre UMP et deux centristes : Yves Jégo, Alain Joyandet, Nadine Morano, Hubert Falco, Anne-Marie Idrac et Christian Blanc. Le tout suscitant quelques petites modifications de périmètre chez les autres secrétaires d'Etat.



L'ancienne élue UDF des Yvelines est une spécialiste des transports, en particulier franciliens.



Anne-Marie Idrac, 56 ans, nommée mardi secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, est une ancienne élue UDF des Yvelines et une spécialiste des transports, en particulier franciliens. Mme Idrac, débarquée fin février de la SNCF, retrouve ainsi des fonctions gouvernementales après avoir secrétaire d'Etat aux Transports de 1995 à 1997. Première femme à la tête de la compagnie ferroviaire, Mme Idrac a aussi dirigé la RATP, ce qui lui confère une bonne connaissance des transports de la région capitale.


Née le 27 juillet 1951 à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor), fille du sénateur et ministre MRP André Colin, elle a suivi le parcours classique des élites républicaines: droit, Sciences politiques, Ecole nationale d'administration, avant de fréquenter les cabinets ministériels de droite (Equipement en 1974, Environnement en 1979, Urbanisme et Logement en 1980).


Directeur des Transports terrestres au ministère de l'Equipement de 1993 à 1995, sous le gouvernement Balladur, elle est nommée en 1995, secrétaire d'Etat aux Transports du gouvernement Juppé et sera l'une des rares "Juppettes" maintenues dans le deuxième cabinet Juppé. Après la dissolution de 1997, Mme Idrac est élue députée UDF des Yvelines, puis l'année suivante, conseillère régionale d'Ile-de-France. Elle fut aussi porte-parole de François Bayrou pendant sa campagne présidentielle de 2002, avant de s'éloigner du dirigeant centriste. En 2002, elle est nommée à la tête de la Régie autonome des transports parisiens, où elle s'enorgueillit d'avoir adouci le climat social.


Quatre ans plus tard, elle prend la succession du populaire Louis Gallois, resté dix ans à la tête de la SNCF où elle est attendue au tournant par les syndicats, qu'elle irrite en comparant le dialogue social à "l'époque de la +guerre froide+ avant la chute du Mur de Berlin". Mme Idrac est mariée et mère de quatre filles.

mardi 11 mars 2008

Des visions différentes


Le premier tour des élections municipales, comme tout scrutin, a laissé place aux interprétations de chacun. Bien entendu, les leaders politiques ne sont pas en reste. De gauche à droite, on scrute et on prépare la lutte. Ainsi, le MoDem se pose comme un arbitre, à défaut de pouvoir jouer, entre une droite et une gauche qui capitalisent à elles seules aux alentour de 87% des voix.

A Droite, on croit en un vote local et une défaite limitée

À Droite, l'opération «sauvons ce qui peut l'être encore» est lancée. Soulagés par les résultats de dimanche, l'Élysée et l'UMP veulent croire que la «vague rose» pronostiquée par les sondeurs n'aura pas lieu au second tour. Si le président de la République doit demeurer discret au moins jusqu'au lendemain du second tour, le premier ministre a prévu d'être sur le terrain tous les jours. S'imposant un peu plus comme chef de la majorité dans la dernière ligne droite de cette campagne. On confirme donc la volonté de promouvoir un vote local, censé éviter l'interprétation d'une défaite en sanction contre le gouvernement. Cette logique tranche singulièrement avec la volonté affichée par l'UMP de nationaliser et de politiser le débat avant le premier tour.

A Gauche, on veut résolument "sanctionner" le gouvernement

La gauche, quant à elle, espère transformer «l'avertissement» du premier tour en «sanction» contre Nicolas Sarkozy. «Il faut faire comprendre le message au président et au premier ministre», répète à l'envie François Hollande. Pour cela, la stratégie "Elle s'appelle madame Delaunay, madame Delaunay, madame Delaunay !" va être réemployée. On n'a pas d'idées, martelons-les ! Dans cette optique, le premier secrétaire du PS devrait se rendre cette semaine à Périgueux, où le ministre de l'Éducation Xavier Darcos est en danger et, aujourd'hui, l'ancienne candidate à la présidentielle Ségolène Royal doit se rendre à Colombes, où la protégée du président, Rama Yade, risque de manquer son baptême du feu électoral.

Au MoDem, on fait arbitre (mais c'est bien quand même) !
Entre la droite et la gauche, il reste le MoDem, dont le score national, très modeste, s'élève à 3,74 %. Mais dans certains endroits, les électeurs du parti de Bayrou se trouvent en situation d'arbitre. Le MoDem peut se maintenir dans 37 villes de plus de 30 000 habitants, où il a obtenu plus de 10 % des voix. «Le MoDem est courtisé par tout le monde, sauf par son électorat. À l'UMP, on n'y échappe pas», résume avec ironie et lucidité Devedjian. «Le résultat du MoDem est très décevant. Il n'est pas en mesure d'être l'arbitre national comme il l'avait été à la présidentielle», veut croire Hollande, qui rejette l'alliance avec le centre.

À gauche, le débat sur le MoDem a suscité le trouble. Comme au lendemain du premier tour de la présidentielle, Ségolène Royal a tendu la main aux centristes dès dimanche soir, en souhaitant des alliances «partout avec le MoDem». Une déclaration accueillie avec scepticisme par la plupart des socialistes. «Je suis pour une coalition arc-en-ciel, mais pas pour la confusion», explique par exemple Julien Dray en critiquant l'ambiguïté du MoDem. Catégorique, François Hollande assure qu'il «n'y a pas de stratégie d'alliance» avec les centristes. Lundi, Ségolène Royal a donc fait un pas en arrière en expliquant qu'il n'y aurait pas «de discussion d'appareil, mais des alliances locales». À Chartres, la candidate PS Françoise Vallet devait fusionner lundi soir sa liste avec celle du MoDem. À Paris, Bertrand Delanoë n'a pas cherché à nouer un contact avec la centriste Marielle de Sarnez. «La position assez floue que le MoDem a exprimée révèle à la fois des divergences sur le fond, mais aussi certaines convergences», a-t-il déclaré lundi . Un partenariat sera possible «une fois le Conseil de Paris élu». Dans son entourage, on précisait cependant qu'il «n'y aurait pas d'élu MoDem dans l'exécutif de la ville».

À l'Élysée, on fait une lecture opposée. «Le président n'a pas envie d'aider Bayrou à Pau. C'est à lui de venir vers nous, pas le contraire», assure un proche du chef de l'État. Lundi soir, Bayrou a rejeté avec virulence la proposition de «négociation globale» de l'UMP en la qualifiant de «manœuvre électorale». «Je ne renonce pas à ce que je crois», a-t-il expliqué. "Il semble que la porte
ait été refermée. Nous en prenons acte", a dit M. Devedjian, qui n'excluait pas toutefois des accords localement avec le parti centriste "au cas par cas". Au bout du compte, le MoDem ne joue pas au second tour et peut à peine jouer les arbitres, souffrant avant tout du rejet de la gauche du fait de sa position plus que floue et incohérente et de son entêtement à refuser la main tendue de la droite.

lundi 10 mars 2008

Que fait l'UMP avec le MoDem ?

François Sauvadet, président du groupe Nouveau Centre à l’Assemblée Nationale, demande aux responsables de l’UMP de clarifier leur position à l’égard du Modem.

Il considère, en effet, la "danse du ventre" devant le Modem à laquelle se livre un certain nombre de dirigeants de l’UMP, à commencer par la candidate UMP dans la capitale, ridicule et totalement inefficace : "Les résultats du Modem étant très loin des espérances affichées par François Bayrou ces dernières semaines, on voit apparaitre un objet politique nouveau, à deux faces : le Modem des villes et le Modem des champs… Quand le premier est en difficulté à Paris, il quémande quelques sièges au Maire de Paris tandis que le second en difficulté à Pau en appelle à faire barrage à la gauche…"


"Le fonctionnement d’une majorité ouverte nécessite à la fois une grande clarté et une grande loyauté. Ne pas se fixer de telles règles de fonctionnement ramènerait vite cette majorité au rang de simple auberge espagnole. Il doit l’assumer devant les électeurs. Or les réformes qui restent à mettre en œuvre, et que les Français attendent, exigent au contraire une très forte implication de tous ses acteurs, aux côtés du Président de la République et du Premier Ministre." "François Bayrou a fait clairement le choix de l’opposition. Il doit l’assumer devant les électeurs." "Dans de nombreuses villes, les élus du Nouveau Centre ont su rassembler dès le premier tour, démontrant ainsi la très forte implication locale du centre droit."

dimanche 9 mars 2008

Metz et Toul : la droite souffre de ses discidences

PS
Dominique Gros 34.04 12260 Ballottage
DVD
Jean-Marie Rausch 24.16 8700 Ballottage
UMP
Marie-Jo Zimmermann 16.68 6008 Ballottage
MODEM
Nathalie Griesbeck 14.69 5289 Ballottage
SE
Emmanuel Lebeau 5.63 2027 Battu
DVEXTG
Odile Vincent-Falquet 2.87 1035 Battue
LO
Mario Rinaldi 1.34 482 Battu
PT
Christian Bonnet 0.59 211 Battu

Metz est l'exemple des capacités dévastatrices du manque de communication au sein de la majorité et de la droite. Ainsi, on remarque que Jean-Marie Rausch, maire historique de Metz s'est opposé à la candidature de Marie-Jo Zimmermann imposée par l'UMP qui n'avait pas jugé bon de l'en informer.

Ainsi, les résultats sont tombés. La gauche est en tête, ce qui est particulièrement peu commun pour cette ville. Et à l'heure où j'écris cela, Jean-Marie Rausch a demandé le retrait de la candidate UMP qui a d'ores et déjà annoncé vouloir fusionner sa liste avec celle de Nathalie Griesbeck, la candidate du MoDem. Raucsh, furieux, a menacé la candidate UMP de lui faire porter la responsabilité d'une éventuelle défaite de la droite à Metz.

Exactement le même scénario à Toul où Nadine Morano, arrivée troisième derrière la PS Nicole Feidt et le divers droite Jacques Gossot, a laissé entendre qu'elle ne souhaiter pas fusionner avec ce dernier. Gossot a lui aussi fait incomber la responsabilité d'une éventuelle future défaite la candidate de l'UMP. J'avais déjà parlé de ça dans un précédent article intitulé "lorsque l'uni son n'unit plus".

PS
Nicole Feidt 34.63 2149 Ballottage
DVD
Jacques Gossot 25.07 1556 Ballottage
UMP
Nadine Morano 24.40 1514 Ballottage
SE
Dominique Blaise 12.76 792 Ballottage
SE
Alain Oger 3.14 195 Battu

samedi 8 mars 2008

Municiales : la majorité en plein doute

Sarkozy reste discret, les ministres en campagne se débrouillent sans lui, les candidats ne veulent pas de son soutient, le premier ministre occupe la tête d'affiche... Mais que ce passe-t-il en Sarkozyland ? Ces municipales sont le reflet des doutes qui planent sur tout un système. Evènement.

Ce scrutin dont il voulait pourtant faire une bataille politique nationale n’est plus le sien. «Je ne suis pas candidat aux municipales», a lancé jeudi lors d’un déplacement à Vesoul (Haute-Saône), celui qui promettait en janvier d’aller un jour sur deux faire campagne en province. Il se préfère aujourd'hui meneur de la politique à l'échelle nationale. Il se voit constitutionnellement investit de définir les grandes lignes de la politique de la nation et non pas de mener un combat politique "local". Etrange retournement que celui de cet homme qui se déchaînait contre la méthode et la politique de Jacques Chirac qui ne tenait pas un autre langage lors des régionales. Après cette débâcle éléctorale, Nicolas Sarkozy avait déploré son refus de remanier en profondeur le gouvernement en le nommant à Matignon. Or c'est toujours ce même Nicolas Sarkozy qui n'envisage qu'un remaniement a minima après le 16 mars.

«Je ne suis pas candidat aux
municipales»

On a ainsi pu observé l'annulation de ses deux seules réunions publiques à Nice et Marseille et la programmation d'un seul déplacement aux côtés d’un ministre candidat, Xavier Darcos, à Périgueux. Finalement, son unique combat fut celui de Neuilly avec la tragicomédie Martinon. Singulier contraste avec l’activisme du Premier Ministre. Fort d’une cote de popularité en hausse et d’un espace politique retrouvé pour s’exprimer, François Fillon a endossé avec plaisir le rôle de «chef de la majorité» ; travaillant chaque jour sur le terrain aux côtés des candidats UMP, contre des socialistes accusés «d’entretenir un climat de quasi guerre civile». Dans les faits, celui-ci n'a pris que peu de risques du fait de son assurance de rester à Matignon après le 16 mars. Fillon est aujourd’hui le point d’ancrage le plus consistant d’un sarkozysme en plein doute.

«Nos adversaires, pour la première fois, croient pouvoir gagner. Et nous, pour la première fois, on peut croire qu’on est susceptibles de perdre»

Des doutes qui se caractérisent sur le terrain par la crainte de lourdes pertes. Ainsi, à Marseille, l’UMP frissonne. «Nos adversaires, pour la première fois, croient pouvoir gagner. Et nous, pour la première fois, on peut croire qu’on est susceptibles de perdre», résumait, lundi, Renaud Muselier, premier adjoint UMP. Pour ne rien arranger, la marque de fabrique de Sarkozy au niveau national, l’ouverture systématisée est source de pagailles municipales, y compris à droite. Exemple au sein de la droite alsacienne qui ne digère pas de devoir soutenir les candidats gauche moderne à Mulhouse et à Schiltigheim. D’où la multiplication de dissidences dangereuses.

La droite doute du sarkozysme et de ses méthodes

Peu encline à accepter l'ouverture imposée par leur patron, pas plus enthousiaste face à la chute de celui-ci dans les enquêtes d'opignon, multipliant les listes dissidentes, refusant les parachutages et nominations arbitraires du clan Sarkozy, la droite doute. Des doutes sur elle-même et sur son idéologie majoritaire : le Sarkozysme. Il faudra du temps à la droite pour se remettre d'une telle crise idéologique mais elle a déjà su se remettre de bien d'autres difficultés. Courage...